La calorie au cœur de la problématique agricole

Ne perdons jamais de vue que la seule finalité de tout acte agricole est de produire des calories pour alimenter nos corps.

Ou le corps des animaux que nous mangeons. Ou le corps des animaux qui travaillent à la production de calories pour nous alimenter ; des animaux de travail qui finissent toujours dans nos assiettes en remerciement de leurs services rendus.

Le pire est sans nul doute les chevaux de course, adulés jusqu’au jour où ils courent moins vite… Ou les chevaux de loisir, câlinés avant de finir comme des ânes… En saucissons !

La ligne de partage

Bref. L’ouvrier se plaint à juste titre d’être exploité, mais comparé à l’ouvrier animal qui finit toujours au crochet, c’est le paradis. Mais avec la modernité, l’agriculture produit également l’alimentation des animaux de compagnie et des voitures. Pas toutes, car la totalité des sols de la Terre n’y suffirait pas tant la voiture est gourmande. Tout de même, n’est-ce pas étrange de nourrir nos voitures quand une personne sur 9 est sous alimentée sur la Terre ? Et même si une personne sur 2 est sur-alimentée en France ; en surpoids parce qu’elle mange trop de calories.

Décidément, le partage est notre point faible tant la répartition des richesses et des calories sont un échec cuisant par le nombre de morts qu’ils engendrent. Quelques millions de nos enfants meurent de faim tous les ans faute de calories ! Des pauvres qui font la cruelle expérience que l’amour et l’eau fraîche amaigrissent aussi la durée de la vie contrairement à la rumeur.

La guerre de la calorie

Une guerre impitoyable où la voiture gagne du terrain : 60 % des terres vendues à grande échelle ces 10 dernières années dans le monde, sont destinées à la production d’agrocarburants. Info Oxfam FranceDes terres agricoles pour nourrir des voitures, des paysans expropriés de leurs terres et des multinationales qui perçoivent des subventions publiques au titre de l’aide au développement ! Je ne sais pas si un autre monde est possible, mais une chose est, eux construisent un monde que nous n’avons pas choisi. 🙁

Dire qu’il y a encore des trous d’cul pour nous chanter que le monde prend conscience de l’impasse dans laquelle il est. C’est bien de positiver comme de se voiler la face, mais les branlent quéquette m’agacent par leur indécence à se masturber en public. Qu’ils s’astiquent devant leur miroir ! Au pire dans leur coin. J’attends avec impatience ce jour où les papa seront des mamans pour les générations futures.


L’agriculture, une activité calorivore

Aujourd’hui, tous les modèles agricoles consomment plus de calories qu’ils n’en produisent. Même l’agroécologie, même la permaculture, même l’agriculture bio, dont les modèles reposent tous sur l’importation massive de matière organique produite avec des énergies fossiles et des molécules chimiques. Au final, une cure d’amaigrissement en perspective pour les générations futures puisque nous ne savons pas faire autrement, nous n’y comprenons rien ou si peu, nos connaissances agricoles étant maigres, minces, préhistoriques. En cause, l’énergie. C’est quoi l’énergie ? C’quoi la matière énergétique ?

Et une autre matière nous est également inconnue : le vivant. C’est quoi le vivant ? C’quoi la matière vivante ? Et comme l’énergie, le vivant est sans cesse en mouvement. Et comme l’énergie, il change sans cesser de corps et d’état ! Dans ces conditions, on comprend que l’agriculteur exerce un métier très difficile, de surcroît anxiogène vu que dans son champ, il travaille, compose et collabore avec plusieurs inconnues en dehors du temps !

Le jardin vivant en Limousin. Mai 2017

De l’art d’utiliser
les énergies agricoles
du champ au jardin

La première énergie utilisée en agriculture a été musculaire.

Seule énergie disponible depuis la naissance de l’agriculture, elle a été remplacée par les énergies fossiles et nucléaires. Fossile comme fossilisée, le pétrole n’étant rien d’autre que de la matière organique non digérée par la vie du sol et qui s’est minéralisée ; vestiges de plantes et d’animaux qui peuplaient la Terre il y a très longtemps.

Et si le gas-oil et l’essence proviennent de la matière organique fossilisée, les biocarburants ou agrocarburants viennent de la matière organique fraîche, verte et vivante. Quant à l’énergie de l’électron, l’électricité, produite par le mouvement de l’eau au commencement, puis complétée par l’incinération des énergies fossilisées, elle est aujourd’hui principalement nucléaire.

Une énergie écologique

On peut affirmer que l’énergie musculaire est l’énergie renouvelable la plus chère, mais aussi la plus écologique. Raison pour laquelle elle est beaucoup utilisée dans les agricultures alternatives comme la permaculture ou l’agroécologie. Mais cette énergie a eu aussi son heure de gloire avec l’esclavage et ces 20 millions d’êtres humains déportés à cause de la ressemblance de leur peau avec le carbone.

Même si l’or noir coule à flots, l’esclavage continue de s’écouler mais la couleur n’est plus son caractère dominant ! Est-un progrès… « L’Inde est le pays en pointe dans ce domaine, puisque selon les observateurs, la pratique de l’esclavage touche encore des millions d’humains comme vous et moi… » Cf. Pauvre de nous !

Le stagiaire,
une énergie écologique gratuite

Je ne dis pas que le stagiaire, gros colporteur d’énergie musculaire, donc écologique, est un esclave ou un serf, n’empêche que sous couvert d’apprentissages, ce travailleur est le plus souvent exploité comme un domestique. D’ailleurs le modèle agricole français reposait jusqu’à l’arrivée de la molécule chimique, d’un côté sur des micro-fermes aux paysans pauvres, et de l’autre, sur des fermes moyennes et grandes où les ouvriers agricoles étaient exploités comme des serfs, payés avec le gîte dans l’étable et le couvert. Et quelques pièces de monnaie comme argent de poche dans le meilleur des cas. On les appelait des domestiques.

Ajoutons à cela le travail des enfants, une énergie musculaire gratuite que l’agriculture française a surexploité jusqu’au milieu du 20eme siècle. C’était hier. Pierre, un domestique aujourd’hui décédé mais que j’ai bien connu, avait commencé à travailler à l’âge de 9 ans, 12 h/jour et 6 jours sur 7. Un autre Pierre, mon grand-père, celui qui m’a donné les bases de l’agriculture permanente, avait commencé à 11 ans.

Le stagiaire a remplacé l’enfant des champs

Dans Le Manuel pratique de la culture maraîchère de Moreau et Daverne publié en 1845, un ouvrage cité abondamment dans les milieux de la permaculture comme une référence, les auteurs ne se privent pas de développer des arguments pour le moins douteux :

Tous les hommes à la journée ne sont pas doués de la même intelligence…/ Il est certain que l’on tient pour vrai, dans la classe maraîchère, que certaines provinces fournissent de meilleurs ouvriers que d’autres !

Un discours éminemment racial puisqu’il distingue les êtres humains comme les races d’animaux domestiques, suivant leur région d’origine.

Combien de bras à l’hectare ?

Dans la même veine, l’ouvrage apporte du grain à moudre aux promoteurs des micro-fermes et de l’agriculture sans pétrole. À lire dans 15 jours. 

 

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