Le ver de terre s’invite dans la campagne présidentielle !

Après le ver de terre, une espèce à protéger et un bien commun, la lettre envoyée le 26/01/17 à tous les candidats au poste de Président de la République française.

Objet : le ver de terre, fer de lance d’une agriculture durable et principal acteur de la bonne santé des sols, a été oublié par l’État.

En effet, les vers de terre ne bénéficient d’aucune protection, d’aucun plan d’action national ou européen, et d’aucune mesure dans la loi pour la reconquête de la biodiversité contrairement aux insectes pollinisateurs.

Madame,
Monsieur,

Vous êtes candidat à la Présidence de la République, raison pour laquelle je vous écris afin de connaître les mesures que vous avez prévues pour protéger l’un des plus grands marqueurs de la bonne santé des sols et de la biodiversité.

Pour ma part, jamais je n’aurais imaginé en publiant cet article à l’automne, Le ver de terre, une espèce à protéger, qu’il soit consulté près de 100 000 fois. Du coup, la notoriété de mon blog a explosé, et de fil en aiguille, il est devenu le premier centre de ressource pédagogique et francophone sur le ver de terre !

Bref, je concède que la cause que je plaide paraît bien dérisoire face aux multiples conflits qui ravagent notre planète, mais sans sol, ces conflits seront-ils plus apaisés dans un monde bouleversé par le changement climatique ? Je ne le crois pas. Et l’engouement soudain du grand public pour mes articles sur le ver de terre montre que le sujet intéresse.

Mais les vers de terre, colonne vertébrale des sols vivants et laboureurs infatigables, fondent comme neige au soleil ou glace aux pôles… 80 à 90 % des populations lombriciennes décimées en moins de 50 ans ; pire dans certains sols céréaliers ou betteraviers ; une première depuis la naissance de l’agriculture.

Je ne vais pas continuer plus longtemps à vous faire l’article, mais tout le monde est unanime pour reconnaître que le ver de terre est aujourd’hui l’auxiliaire le plus précieux pour une agriculture durable, soutenable, et économe en énergie. Et il est d’autant plus surprenant que le législateur l’ait oublié, que le ministère de l’agriculture en fait l’éloge sur son site internet.

Aussi ma question est simple : sachant que le ver de terre commun ne bénéficie d’aucune protection, d’aucun plan d’action national ou européen, d’aucune mesure dans la loi pour la reconquête de la biodiversité, quelles mesures concrètes avez-vous décidé de prendre si vous êtes élu ?

Dans l’attente, je vous prie d’agréer…


Comme un avion sans ailes

Emporté par son propre élan, le monde est comme un énorme cargo qui va tranquillement mais sûrement s’échouer sur une plage de sable fin et doré. Où et quand, je l’ignore. Mais pas de panique, il y aura des survivants grâce à l’inertie, cette énergie cinétique cousine de la thermique, une énergie qui ne nous fera pas tous sombrer au large tel un Titanic.

C’est ainsi, le meilleur est aussi dans le pire et la prochaine élection présidentielle n’y changera rien, ne changera ni la face du monde, ni celle de la France, ni la politique agricole ; une politique au demeurant insensible à l’Élection depuis 1946. D’ailleurs, aucun candidat n’en parle, comme si la société civile n’avait pas son mot à dire.

À François

Nous lui devons d’avoir mis dans le même panier l’industrie agroalimentaire et l’agriculture. Et mis au panier la ruralité. Et tout ça comme une lettre à la poste en 2012 ; et sous les yeux de ses 2 ministres écologistes, preuve que l’appel du pouvoir est plus fort que celui de la forêt. Oui le ministère de l’agriculture et de la ruralité s’appelle désormais le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

Bref, tous les postulants au trône sont des professionnels qui, une fois assis dessus, préserveront comme leurs prédécesseurs, les acquis et les privilèges des riches et des pauvres. C’est ainsi.

C’est ainsi, le pouvoir féodal est aujourd’hui apatride et il tient les pays comme les peuples par les couilles. Même les révolutions passent sans qu’il ne trépasse. Mais ce n’est pas le pire, le pire est ailleurs, niché au sein de cette véritable armée de cloportes, les actionnaires.


Le grain de sable

Toutes les grandes idées finissent mal, c’est l’Histoire qui nous l’apprend. En revanche, le pouvoir du grain de sable qui bloque le rouage mérite de s’y attarder.

Illustration : La lutte contre les pesticides est née peu de temps après leur arrivée, le premier livre sur le sujet datant de 1962. Et alors même qu’aujourd’hui, il y a une professionnalisation de la lutte contre les pesticides avec quelques associations qui en font leur fonds de commerce, plus que de diminuer, les épandages massifs de pesticides ont continué de progresser…

Pourquoi ?

Parce qu’en réaction, les multinationales ont redoublé d’imagination en investissant dans le marketing et le lobbying. Des investissements à très long terme à l’instar du groupement des semenciers qui via Nathan, propose d’accompagner gratuitement les professeurs de SVT… Et dans leur premier cahier pédagogique sur la biodiversité, on peut lire :

LES BIOTECHNOLOGIES VERTES SONT L’AVENIR. Grâce aux biotechnologies vertes, de nombreuses variétés améliorées ont permis d’apporter des colzas, blés, maïs, espèces fourragères et potagères, adaptées à de nouvelles zones de production, plus résistantes et parfois plus goûteuses...

Outre le joli mensonge au sujet du bénéfice des OGM, l’objectif est d’ancrer dans le cerveau des jeunes générations que les OGM et autres VTH ou CRISPR-Cas9 sont bons pour la biodiversité !

En résumé, de revers en défaites, ce combat conduit par les opposants est contre-productif puisqu’ils n’ont ni le soutien de la société civile, ni la force de frappe. Ceci dit, serait-il pire de ne rien faire ? Oui et non. Par contre, il serait peut-être opportun de faire autrement.


Prenons un ver de terre

Il est prouvé que l’effondrement des populations colle avec la montée en puissance de l’agriculture hors sol dont le carburant est la chimie : engrais chimique, herbicide chimique, insecticide chimique, fongicide chimique, nématicide, raticide, corbeauticide… Plus les carburants chimiques pour épandre la chimie : gazole, huiles…

Sans équivoque, le ver de terre est la victime collatérale de cette politique agricole mais il y a un souci : le ver de terre est aussi l’un des plus grands marqueurs de la santé des sols et de la biodiversité.

Et justement la biodiversité est comme les sols, MALADE à cause de la chimie et de ses pesticides ; pas à cause du labour contrairement à une idée reçue ! ( Pas d’emballement au sujet du labour… je prépare un article très argumenté sur le sujet.)

Aussi, plutôt que d’attaquer frontalement la cause, les pesticides, pourquoi ne pas protéger la conséquence ? Et comme une suite logique, protéger la conséquence impactera directement l’usage des pesticides et la politique agricole. Et rien de plus facile à faire puisque l’outil législatif existe déjà, il ne reste qu’à s’en servir…

Prenons un exemple

On ne pourra jamais interdire la fabrication et la vente d’armes. Par contre, la loi (l’outil) protège les conséquences et encadre leurs utilisations.

Prenons un mauvais exemple

On ne pourra jamais interdire la fabrication et la vente de pièges à mâchoire ou à lacet, où le renard pris par une patte et ainsi garrotté, agonise à petit feu dans le pire des cas. Sauf qu’en France, c’est la loi qui autorise ce genre de châtiments contre lui.

Quant à la mise à mort, tout est autorisé : gourdin, pierre, noyade, étouffement… Pour se faire une idée, il suffit de taper dans Google ou Qwant : Tuer un renard pris au piège. Le renard, un auxiliaire précieux pour l’agriculteur car la base de son régime alimentaire est fait de rats taupiers, véritable calamité agricole ! Lire le chapitre à son sujet ici.

Le loup, le renard et le chien font partie de la même famille, les canidés ; des êtres sensibles au sens de la loi. Comme pour Danone, pourquoi tout le monde se lève pour le loup et le chien mais reste assis pour le renard ?

Bref, prenons la loi sur la reconquête de la biodiversité

Le 8 août 2016, le Président de la République a promulgué la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Et elle dit à l’art. 1386-19 : Toute personne responsable d’un préjudice écologique est tenue de le réparer. Puis à l’art. 1386-20 : Est réparable, dans les conditions prévues au présent titre, le préjudice écologique consistant en une atteinte non négligeable aux éléments ou aux fonctions des écosystèmes ou aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement.

Sachant que le ver de terre répond totalement aux exigences de la loi, pourquoi ne pas appliquer ce qui lui revient de droit ? Et de commencer par le commun des communs, Lumbricus terrestris et ses camarades anéciques, gros fabricants de fertilité et créateurs du complexe argilo-humique.

CONCLUSION

Vu l’urgence absolue et le contexte législatif favorable, j’ai donc demandé à chaque candidat quelles mesures concrètes il prendrait pour préserver et protéger les vers de terre. Et dans un prochain article, je publierai leurs propositions.

4 réflexions sur “Le ver de terre s’invite dans la campagne présidentielle !

  1. Bonjour,
    Vu l’urgence absolue et le contexte législatif favorable,,,,,OK ,
    mon idée est de faire une illustration qui serait le logo “référent” pour communiquer ,
    avant et après la campagne “présidentielle”

    bien à vous
    CM

    1. Bonjour Ninjat,

      Faîtes, ce serait génial. Une chose, pour le moment, tout le monde s’en fout de protéger le ver de terre… Même les écolos, les bobos, les nonos et autres totos ! C’est l’indifférence généralisée…

      J’ai commencé par interpeller la présidence l’année dernière, pour demander au Président que le ver de terre bénéfice de la Loi. Il m’a fait répondre qu’il demandait à son ex-femme, qui Royale, a mis ma demande dans un panier à 3 points.

      C’est trop fort n’est-ce-pas ?
      Mais faîtes, plus on est de fous,
      moins on se sent seul !

      Belle journée

  2. Me Mr Bonjour
    je suis totalement adhérent , fervent et ardent militant sur le sujet pour participer et défendre l’idée.
    une illustration offrirait la facilité de compréhension !!!!!
    “”un bon dessin vaut 10 000 mots !!!!!””
    Le ver de terre fait son cheminement en sois sol ,,,,,
    naissance de l’équilibre et de la Biodiversité,,,
    les plantes ,les légumes ,les arbres se nourissent par leurs racines
    du travail des vers de terre,,,,,
    les oiseaux participent,,,,,
    les animaux participent,,,,
    la chaine alimentaire s’organise etc,,,,,,,
    reste à trouver un dessinateur “illustrateur” si vous retenez l’idée
    Bien à vous
    christian
    349

    1. Ninjat,

      Bien sûr que l’idée retient notre attention, mais concrètement, que voulez-vous dire ?

      Belle journée. Cg

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