Conversation avec Pierre Rabhi

Si la grandeur de l’homme se mesure à sa hauteur, Pierre Rabhi est une exception.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. Je ne dis pas que l’exception fait l’exceptionnel, je dis simplement que comme pour le vin, il y a de petits vins de pays ordinaires qui valent largement des supérieurs, voire des AOC ou des Grands Crus. C’est rare et même exceptionnel, mais accordez-moi que c’est de cette rareté dont est fait l’exceptionnel.

La caravane passe, les chiens aboient

Bref, ce 5 septembre à 14:25 tapantes, le soleil brille et la vie est belle quand ses chiens aboient. Ses chiens aboient et la caravane s’arrête ! Pour ceux qui auraient loupé un épisode, je fais allusion à ses origines, son travail au Sahel et ce proverbe arabe : la caravane passe, les chiens aboient. Expression qui signifie que le chameau reste imperturbable aux chiens qui aboient à ses pieds pour le faire dévier de sa route.

Ou dit autrement : celui qui fait sa part est impassible aux critiques et aux obstacles, et continue d’avancer avec le calme et le détachement de celui qui sait où il va sans savoir vraiment pourquoi il y va ! « Faire sa part » étant la devise du mouvement des Colibris qu’il a fondé.

Je sais que je ne sais rien

Imaginez si le chameau savait qu’il transporte sur son dos du sel, alors que lui mange sans sel. Même de sa hauteur, un chameau pourrait se sentir rabaissé de le savoir.

Bref, tout est une question de point de vue. Et Pierre Rabhi confirme : j’ai appris avec le temps, que je sais que je ne sais pas. Je le savais. Vous aussi ? Et plus je vieillis, moins je sais. Alors, imaginez l’étendue de mes savoirs sachant qu’au départ je ne savais rien.

Mais ce jour-là, la caravane s’est arrêtée au bout de la route. Et non à cause de ses chiens ! Voilà comment on tombe dans le panneau lorsqu’on croit savoir… Et je suis bien placé pour le savoir puisque j’étais son conducteur. Bref, tout ça pour finalement dire que même chez les dictons, l’exception confirme la règle.

Exprimer son exceptionnel

Quant à la caravane, heureusement que nous ne l’avions pas prise car le chemin pour monter à sa maison est très étroit, empierré et sans goudron. Du reste, nous n’en avons pas… Sauf que notre Berlingo peut être vu comme une caravane à moteur puisque nous dormons parfois dedans. Comme une sorte de camping-car réduit à sa plus simple expression. D’ailleurs, régulièrement les camping-caristes nous toisent avec leur air de chameaux chargés de sel comme des mulets. Chacun exprime son exceptionnel comme il peut.

Bref. n’imaginez pas que je pimente la mise en scène de notre rencontre comme on sale un ordinaire devenu trop fade afin de donner un sens à sa vie et faire croire que nous en avons une extra-ordinaire. Certes, j’aurais pu forcer le trait comme nous le faisons tous (parfois) pour faire croire que notre ordinaire ne l’est pas. Et écrire : surgi de nulle part, tel un aigle noir qui semblait crever le ciel…

Revenons les deux pieds
sur Terre

Il est sorti de chez lui et d’un coup d’œil, il a fait taire ses chiens sans autoritarisme, seulement par un regard échangé. Et à notre adresse, un sourire en signe de bienvenue. Dans un monde apaisé, tout est plus simple pour se comprendre.

Un retour aux sources

Un retour aux sources comme une remontée aux origines pour comprendre les courants qui en découlent. C’est la raison pour laquelle je suis ici. En effet, chacun aura observé que tous les ruisseaux qui coulent d’une source, ne vont pas dans la même direction. Et mieux, plus ils s’éloignent de la source, plus ils ont cette tendance à partir dans tous les sens.

Et aujourd’hui, l’agroécologie est mise à toutes les sauces, chacun l’ajoutant à sa tambouille pour faire bouillir la marmite. Lire plus

Si faire c’est dire,
suffit-il de dire pour être ?

Dans ce contexte, un retour à la source du mot s’imposait. Et du haut de sa montagne aride, c’est un être rempli de doutes et qui fuit les certitudes du monde que nous avons rencontré. Quelqu’un qui dit avoir pris ses distances avec tous les dogmes et qui s’interroge en permanence. C’est tellement saint de douter.

DOUTER : état naturel de l’être qui s’interroge. Un état à l’opposé de ceux qui ne doutent de rien et qui croient qu’il suffit de dire que la permaculture est une science pour qu’elle le soit… Bref, comme s’il suffisait de dire pour être. Et sur ce terrain, l’agriculture n’a jamais été autant politisée et infestée de courants dogmatiques. En cela elle rejoint d’une certaine manière l’art contemporain où le discours fait l’œuvre. Quant à l’œuvre, elle n’existe que dans les mots,  elle n’existe pas.

Bref, je laisse la parole à Pierre Rabhi.

 

De la prothèse dentaire à l’agriculture en passant par la banque

L’agroécologie

L’agriculture

L’économie

Pierre Rabhi, président de la république

Le confort selon Pierre


Épilogue

Pierre Rabhi valide que l’agroécologie a largement puisé dans la biodynamie, à tel point en l’écoutant, d’en être une copie parfaite comme un copié collé.

Par ailleurs, sa proximité avec Rudolf Steiner est d’autant plus troublante qu’ils partagent la même conception du monde et une véritable fascination pour Jésus-Christ. Pour rappel, Rudolf Steiner a écrit plus d’une dizaine de livres sur les évangiles et la vie du Christ, et 3 avant de mourir, il a créé une église chrétienne avec un groupe de théologiens : La Communauté des chrétiens.

 

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