Secrets de jardiniers : Julien Delmas

Le jardin de Gaëlle et Julien Delmas est sans aucun doute, l’un des plus beaux jardins en permaculture que j’ai visité, sinon et sans hésitation, le plus luxuriant.

Des centaines de variétés sur 300 m2

À 800 m d’altitude, j’ai vu de mes yeux que l’abondance pouvait avoir du sens. Mais qu’elle avait aussi un coût : beaucoup de travail manuel dont le carburant est l’énergie musculaire… C’est le prix à payer pour avoir son garde manger en plein air avec des centaines de variétés. Le tout sur 300 m2 !

L’art du compostage à froid

Adeptes du compostage à froid, ils ont réussi à partir d’un sol de prairie, à créer un véritable levain où la vie grouille. Ils sont rares ces jardins vivants et vivriers qui sont en même temps, des jardins naturels, agroécologiques, permaculturels ou tout simplement en agroculture !

Lors de la journée portes ouvertes
Lors de la journée portes ouvertes. Photo Christophe Vergnes

Lire l’article de La Dépêche d’Auvergne

L’agroculture comme socle

C’quoi l’agroculture… l’agriculture qui ne nourrit pas ses plantes !

En effet, contrairement à l’agriculture bio ou chimique qui nourrit ses plantes mais pas ses sols, en agroculture, on alimente seulement l’intestin de la plante. Lire à ce sujet. Ce courant à contre courant de l’agriculture moderne, est solidement boulonné au socle commun des savoirs ancestraux par l’observation. Cf. Quel est l’apport de la permaculture ?

Ceci étant, vous me direz, agro agri, c’est méli mélo du pareil au même, bonnet blanc et blanc bonnet !

Enfin presque, l’un étant de racine Grec, l’autre Latine. Mais c’est un peu court comme argumentaire ! Et puis, il y a l’exception qui confirme la règle : l’agrochimie… Quand Bayer mange Monsanto, il devient le leader mondial de l’agrochimie et de l’agriculture hors-sol. Et il y a fort à parier que prochainement, pour justifier leur business, ces puissants groupes pétrochimiques seront les premiers promoteurs de l’agriculture urbaine et écologique.

Bref, j’utilise aujourd’hui le mot agroculture en opposition au mot agriculture, pour définir cette agriculture vivante qui remplit l’intestin des plantes et nourrit la matière vivante de ses sols. Extrait de La permaculture de 1978 à nos jours :

Selon le Petit Robert, le préfixe agro définit ce qui dure longtemps et demeure sans discontinuer ni changer. C’est également la définition de permanent : qui dure sans changer…. » Si étymologiquement, l’agriculteur est celui qui cultive son champ, l’agroculteur est celui qui cultive un champ durable et un milieu permanent. Et la précision est de taille, vu que les mots portent nos intentions.

Revenons à Julien

Si aujourd’hui dans la permaculture, on parle trop de fric et de rendements financiers, chez Gaëlle et Julien, on ne parle que de plantes, parce qu’ils ont une très belle connaissance d’elles.

Mais assez bavassé, je vous laisse écouter les secrets de Julien, car ce jour-là, c’est lui qui s’est collé derrière le micro. Assis sur les marches de sa serre, il était 11 heures ce 4 septembre 2016 quand j’ai branché le bouzin.

 

 

11 réflexions sur “Secrets de jardiniers : Julien Delmas

  1. Bonjour,

    merci pour ce post très instructif. Déjà que je récupère les tontes de pelouses des voisins, maintenant c’est leurs feuilles mortes. 60 sacs en 3 sorties la veille du ramassage par la ville. (Et demain peut-être les branchages pour tester les dry hedge.)
    Mais il y a un hic malgré tout : est-ce que je peux tondre ces feuilles et les mettre en paillage au potager, sous des arbres fruitiers/ornementaux sans risquer un « déséquilibre » ? Je pourrais peut-être le mélanger avec un peu de fumier de cheval mais il est très frais ?
    Merci,

    1. Bonjour Vincent de Picardie,

      Pas de souci et bien au contraire, la vie sous les arbres a besoin de nourriture pour fabriquer de la nourriture pour les arbres…

      Pareil pour le fumier de cheval, à étaler sur le sol jusqu’à l’aplomb des branches.
      Attention à la dose, pas trop, c’est comme le ricard dans l’eau !

      Belle journée

  2. Christophe,
    pourquoi: «  »Je me dresse. Que dis-je ? Je m’hérisse ou me cabre pour m’opposer à l’idée réductrice et trompeuse qu’il faudrait recréer un écosystème forestier.

    Pour une raison simple : le sol d’une forêt est adapté aux arbres mais inadapté aux légumes qui y poussent mal… Essayez ! » »???

    Alors que l’essentiel des sols cultivables est issue de défrichages forestiers…
    Raymond

    1. Raymond,

      J’ai écrit cela parce que d’un point de vue pédagogique, c’est trompeur.

      Les gens disent : je vais imiter la forêt et après j’aurai un système autant autonome que performant… (cette image fait beaucoup de dégâts en permaculture) oubliant qu’un écosystème forestier fonctionne uniquement quand l’on n’y prélève rien.

      Les lombriciens sont plutôt rares en forêt. Et il suffit de voir l’état des sols peu vivants et très minéralisés des châtaigneraies Limousines puisque l’on n’y fait que prélever parfois depuis plusieurs centaines d’années, sans jamais restituer.

      Belle journée

      Le langage du sol

  3. ..Merci pour ces précieux conseils, .. juste sur la dernière question que l,animateur pose et qui sonne le glas de la bande sonore: peut-on semer directement sur cette épaisseur de mulch?

    1. Bonjour Tony,

      Semer sur le mulch : Non
      Semer directement sous en ouvrant une brèche : oui mais…

      Je travaille sur le sujet car tout dépend des espèces et des températures de germination et je ferai une publication avant le printemps.

  4. Je ne comprends pas ces piques envoyées régulièrement, et sans jamais la nommer, en direction de la ferme du Bec-Hellouin. Par exemple, dans le commentaire de Cantalou : « La serre ne fait que 17m2, pas 50% de la surface cultivée ! » ; plus loin ; « ni de grelinette, et encore moins de campagnole ou semoir et ça marche quand même ». On en lit du même genre dans les newsletters de Monsieur Gatineau mais aussi dans ses deux premiers livres sur la permaculture, avec l’INRA comme façade.
    Bien sûr qu’il y a un emballement médiatique et institutionnel autour de cette ferme ! Et alors ? C’est parce que le couple Hervé-Gruyer parle de chiffre d’affaire que ça vous gêne ? Parce qu’ils ont accepté, sacrilège, de commander une étude à l’INRA ? C’est Monsieur Gatineau qui parle de science, et si des pratiquants de cette science dans des institutions dépendantes de lobbying, comme Fernand Léger, tentent de changer de cap, c’est une chose à saluer, pas à critiquer unilatéralement. Sinon ça clive, et le public touché ne sera jamais qu’une petite masse de toute façon déjà convertie. Vous oubliez qu’une bonne part des gens dans ce pays est convaincue que l’agriculture écologique n’est ni viable du point de vue alimentaire ni économiquement ; le Bec-Hellouin, plus encore que les propos que j’ai pu lire dans ce blog que j’aime pourtant suivre, donnent des arguments en faveur du contraire. Il y en a qui préfèrent agir comme de pures alternatives et d’autres qui pensent pouvoir agir dans le système en place.
    La ferme se pose comme un modèle, en présentant son travail et ses différents projets – notamment les outils – mais jamais comme un modèle unique et sans jamais se présenter comme l’alpha de l’agro-écologie. Si j’ai lu et apprécié « La Permaculture » des paysans du Bec-Hellouin sans pour autant leur vouer un culte, j’ai aussi très bien pu être impressionné par le travail et le propos de Christophe Gatineau sans pour autant apprécier son côté pseudo-anar érudit revenu de tout.
    Et si, Monsieur Gatineau et consorts, le Bec-Hellouin vous gêne tant, écrivez un article à leur sujet au lieu de tourner autour du pot. Peut-être avez-vous peur de hurler avec les loups ou de leur faire trop de publicité, je n’en sais rien, mais adoptez une ligne claire qui ne dessine pas les contours d’une possible amertume.

    1. Michel,

      Ma position par rapport à la ferme école du Bec Helloin a toujours été très clair.

      Ils font un boulot formidable et j’apprécie leur travail de recherche.
      Par contre, l’analyse économique qui en est faite, n’est pas satisfaisante.

      Mes seules et uniques critiques ont toujours été portées sur les chiffres.

      Je vous invite à consulter ce document. http://www.barricade.be/sites/default/files/publications/pdf/2015_-_permaculture_et_maraichage_biologique.pdf

      Ceci étant, évitez de m’imputer le scepticisme des autres.
      Belle soirée.

  5. De vous découvrir, cela met du baume au cœur.

    Vraiment.

    Nous, nous sommes donnés 10 ans pour régénérer une parcelle familiale de 4000m² à 134m d’altitude dans un hameau qui porte vraiment bien son nom ‘Beau Soleil’ en Bretagne. La terre est sablo-limoneuse et drainante.

    Nous sommes en accord pour dire qu’il n’y a pas de mauvaise terre. Nous avons commencé en 2012 sur prairie et pelouse, anciennement labourées jusque fin des années 80. Le modèle de la forêt nourricière nous parle bien. Nous sommes sur le chemin… la terre sent l’humus, et est de plus en plus grumeleuse et noire comme en forêt.
    Merci et bravo pour ce que vous faites sur vos lieux respectifs et l’essaimage.

    Bien à vous !
    Sylvaine & Grégory

    1. Bonjour et merci pour votre retour,

      Juste une précision : Je me dresse. Que dis-je ? Je m’hérisse ou me cabre pour m’opposer à l’idée réductrice et trompeuse qu’il faudrait recréer un écosystème forestier.

      Pour une raison simple : le sol d’une forêt est adapté aux arbres mais inadapté aux légumes qui y poussent mal… Essayez !

      Le sol est un des trois milieux de la biosphère où le vivant vit. Et dans un sol, ce sont les êtres vivants qu’il faut nourrir car plus nombreux ils sont, plus ils fabriquent de la nourriture pour les plantes…

      Et plus ils sont en activité, plus le milieu est oxygéné, l’oxygène étant à la base de la fertilité.

      D’accord moi aussi, je simplifie, mais je préfère cette entrée. Belle journée

      http://www.lejardinvivant.fr/2016/07/11/permaculture-urbaine-innovations-apport/

  6. Salut,

    je vais essayer de répondre directement ici à plusieurs questions qui me sont posées. Si ça peut servir, c’est fait pour…je suis bien content moi même d’avoir pu lire, écouter ou visionner des infos transmises par d’autres, et sans lesquelles je n’en serais pas là ! Ce n’est pas une démonstration, c’est une incitation à faire pousser votre nourriture, le plus naturellement et durablement possible.

    Le jardin est situé en plein cœur de la Haute-Auvergne, il y en a même qui disent qu’on ne peut pas être autonome en légumes au dessus de 600m, et avec une terre argilo-argileuse ! ;-), pas de la super bonne terre de jardin, avec 1kg collé sous chaque bottes, et en été des fentes dans lesquelles on peut mettre la main, mais ça c’était avant…
    Il n’y a pas de mauvaise terre ! https://www.youtube.com/watch?v=aIOk5tlxlrE (Je n’ai pas de tondeuse hélicoïdale, ni de hache paille, ni de grelinette, et encore moins de campagnole ou semoir et ça marche quand même)

    Le jardin est cultivé à plat depuis le début, (http://www.lejardinvivant.fr/category/butte-de-culture/) en plates bandes permanentes sur sol vivant sous mulch permanent. Je suis tombé sur ce pdf la semaine dernière : http://www.portdenvaux.fr/wp-content/uploads/2011/08/Culture-sur-mulch.pdf

    La serre ne fait que 17m2, pas 50% de la surface cultivée ! C’est bien mais pas indispensable, mais c’est bien quand même, je ne l’ai construite qu’en 2012, il y avait autant de légumes avant, moins de tomates, poivrons et aubergines (850m d’altitude et climat quasi montagnard pour rappel ;-))

    Nous n’avons pas suivi de formation et encore moins de diplôme. http://www.lejardinvivant.fr/2016/06/29/formation-permaculture-choisir/
    Si vous savez lire c’est bon, même lentement ou avec le doigt c’est bon aussi, et même si vous ne savez que regarder des vidéos, c’est bon quand même, vous n’avez pas besoin de formation, tout est sur internet, libre et gratuit pour l’instant. Si c’est gratuit, ça me ravit ! Un brin d’humour ne fait jamais de mal !
    Inscrivez vous dans un groupe permaculture sur FB par exemple et piochez dans les fichiers où allez là http://permabox.ressources-permaculture.fr/ , ou sur un forum de jardinage. D’ailleurs, MERCI à ceux qui ont rempli tout ces fichiers, vraiment.
    http://www.permaculteurs.com/videos-permaculture/
    ça n’empêche pas de participer si vous le voulez ou d’aller rencontrer les personnes, en vrai c’est bien aussi, souvent…

    Commencez petit ou commencez grand, mais commencez, tout ne sera pas idéal dès le début mais c’est pas grave !
    C’est à l’automne que se prépare le printemps.
    Ayez du bon sens, soyez pragmatique. Touchez votre terre, creusez à la main pour voir si c’est prêt pour semer (le fameux couscous de Claude et Lydia Bourguignon), si ce n’est pas le cas la première année ou pas assez de mulch ou pas encore assez vivant, aérez là sans la retourner.

    Pour les problèmes qui surviennent : nous essayons d’agir le plus éco-logiquement possible pour ne pas avoir à agir de façon seulement acceptable et par contre jamais de façon non bio. Donc, c’est mise en place d’un « écosystème jardin » favorable aux auxiliaires prédateurs des « ravageurs », tels que haies, fleurs, tas de bois, pierres plates, hôtels à insectes tout le tour du jardin. Nous avons ainsi couleuvres et hérissons, carabes et verres luisants, coccinelles et chrysopes, syrphes et guêpes à profusion mais ce n’est pas toujours suffisant ici. Alors c’est piégeage, systématique pour les rats et ramassage régulier au printemps pour les limaces ou les chenilles.(pas de doryphores) Ce n’est toujours pas suffisant pour les limaces au moment des semis et repiquages (quand on ramasse plus de 100 limaces soir et matin et que nos précieux plants que nous avons bichonnés depuis des mois disparaissent en une nuit), donc vu que nous voulons avoir des légumes : on utilise des granulés anti-limaces utilisables en bio, de façon ciblée et le moins possible (environ une demi boite par an, seulement au printemps) Je ne sais pas si j’ai été clair, mais dans tous les cas : le meilleur traitement et celui que l’on ne fait pas, même bio ! On essaye d’agir dans tous les cas de façon idéale, mais des fois c’est seulement de façon acceptable, pour tout un tas de raison, c’est la vie..

    L’Abbé Warré à écrit (nous avons quelques ruches warré écologique) :
    « Serai-je écouté ? Pas de tous certainement. Anatole France a écrit : « Si vous essayez d’instruire votre lecteur, vous ne ferez que l’humilier et le fâcher. » Anatole France a eu le tort de généraliser. Il y a des hommes plus intelligents qu’orgueilleux. C’est à eux que je m’adresse. »
    J’aime bien celle là, ceux qui me connaissent le savent, à ben que voulez vous, la culture c’est comme la confiture !

    merci

    ps : commencer peut-être par un livre de jardinage écologique comme le Larousse du jardin bio ou un guide du potager bio par exemple. La permaculture ne vous aidera pas beaucoup pour les dates de semis, repiquage ou récolte, pour les quantités à planter ou encore connaitre les légumes..etc.

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