Se former à la permaculture

Où se former, et quels acquis et compétences attendre en retour ?

  • Les formateurs non-diplômés sont-ils moins compétents ?
  • Quelle est la réalité du diplôme en permaculture ?
  • Quel est le socle commun à toutes ces formations ?
  • Enseignement privé ou public ?
  • Formation gratuite ou payante ?

Voilà à la louche, l’ensemble des questions que se pose le futur stagiaire si je me réfère aux demandes que je reçois.

Article actualisé le 10/02/17
By Leilamerhfour Wikimedia Commons
By Leilamerhfour Wikimedia Commons

Une demande importante

Les 2000 personnes, qui ont assisté aux Estivales de la permaculture de Montreuil 2016, illustrent l’intérêt grandissant du public. Pour notre part, nous aurions pu enregistrer un demi wagon de stagiaires tant la demande a été importante et pressante.

Sauf que nous n’avons jamais pris de stagiaires car nous butons sur le modèle économique. Pour ma part, je suis pour une école libre et gratuite, et une transmission altruiste des savoirs. Mais par ailleurs, la gratuité a ses limites comme je le discute plus bas.

Un enseignement privé

Pour la France, l’affaire est vite pliée : l’enseignement de la permaculture est privé, donc payant. Et les prix varient de 25 à 220 € la journée suivant la notoriété du formateur et de l’école.

C’est paradoxal, mais si vous n’avez pas d’argent, comme les 8 millions de Français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, il vous faudra trouver une autre solution ! Et oui, au pays des Droits de l’Humain, se former est réservé en priorité aux personnes les mieux formées, qui ont de l’argent, ou qui peuvent se faire financer parce qu’elles travaillent…

De ce point de vue, le mouvement de la permaculture a su parfaitement s’intégrer au système. Nous devons nous rappeler que cette marchandisation de la connaissance est récente, et qu’elle touche tous les domaines d’activités tout en concourant à produire encore plus d’inégalité et d’iniquité. C’est le résultat d’un libéralisme sauvage, qui au fil des ans, s’immisce sournoisement dans notre civilisation telle une gangrène.

Le prix, un frein

Le prix est un frein et le calcul vite fait pour un jeune ou un moins jeune qui perçoit un RSA mensuel de 470 €. Au final, ceux qui ont des facilités à suivre ces stages, sont en général ceux qui n’ont aucune difficulté à les payer parce qu’ils ont justement les 2 pieds dans le système.

À noter qu’un stage d’agroécologie, de vannerie ou d’autoconstruction ne vous coûtera pas moins cher car ils s’adressent peu ou prou à la même clientèle. C’est le prix de l’autonomie appelé plus communément le système de la double peine ! Et effectivement mieux vaut être riche que pauvre…

Avec ou sans argent,
des besoins différents

Si jardiner est synonyme de détente pour les plus aisés, pour les autres, cultiver est une nécessité pour survivre. L’autonomie alimentaire est le secret d’une pauvreté bien vécue. Et produire tous ses besoins comme faire son jardin ou le partager, c’est une manière citoyenne de mettre du beurre dans les épinards, de garder la tête hors de l’eau et d’accéder à une nourriture de qualité.

Mais il faut être réaliste, la majorité des personnes qui suivent des formations onéreuses ne visent pas l’autonomie, mais viennent seulement conforter leur vision fantasmée de la Nature en passant un bon moment.

Changer le monde, changer les autres, d’accord, mais comment se changer tout en préservant jalousement les intérêts et privilèges acquis à la sueur du front ou sur le dos des autres ?

 

Prix et qualité
de la formation

PRIX

En d’autres mots, est-ce qu’une formation chère est de meilleure qualité qu’une à prix plancher ?

Non, puisque le prix dépend de la médiatisation du formateur. En effet, si vous occupez régulièrement la scène médiatique ou Youtubesque, l’augmentation de la demande va décomplexer le prix qui ne demandait qu’à s’élever… De ce point de vue, la permaculture n’est porteuse d’aucune innovation.

En résumé, le prix ne reflète rien d’autre que l’appétit du formateur.

QUALITÉ

Dans ces conditions, est-ce qu’un formateur diplômé est le gage d’une formation de qualité ?

Pour y répondre, c’est la fonction même du diplôme dans notre société qui doit être regardée. En effet, si pendant longtemps le diplôme n’était qu’un titre utilisé comme un passe-droit, sa généralisation au 19ème siècle a été créée pour élever la modernité au-dessus de tout et imposer le concept de civilisation.

Le diplôme a donc été un moyen pour ancrer la modernité et rejeter tous les Savoirs du passé au seul prétexte que ces Savoirs universels  n’étaient que des connaissances primitives.


 Le DIPLÔME,
une sombre histoire

C’est important de se rappeler qu‘il est officialisé à une époque où les Hommes sont convaincus de prendre le pouvoir sur la Nature et de devenir les Créateurs du monde. Et sauf erreur, je crois que nous sommes toujours dans cette dynamique… Et plus que jamais depuis la naissance de l’humanité.

Alors, quand aujourd’hui certains adeptes de la permaculture brandissent leur diplôme comme un passe-droit, j’avoue que les bras m’en tombent (histoire vécue l’année dernière pendant une conférence en Normandie).

Bref,

Comme l’argent, les diplômes sont de petits bouts de papier qui catégorisent les individus suivant leur cerveau. Ainsi, ils certifient un niveau de savoirs et de compétences en fonction de la performance de cet organe. Et les gens les plus méritants, sont ceux qui ont obtenu les plus grands diplômes : professeurs, docteurs, hauts fonctionnaires, directeurs de société, banquiers, ministres… Tous sont bardés des meilleurs diplômes ; des cerveaux hors normes qui prennent sur le terrain les meilleures décisions pour nous. Ils créent le futur de nos enfants, puisque selon eux, ils sont les meilleurs d’entre nous ! Mais selon moi, ils créent des mondes imaginaires pour s’attribuer les meilleures places… » Extrait de : Quel est l’avenir de la permaculture dans le futur de l’agriculture ?


En résumé, un diplôme de permaculture a la même valeur qu’un faux diplôme, puisque juridiquement, ce diplôme n’en a aucune. Et sans pousser le bouchon trop loin, on est en droit de se demander si la délivrance de faux diplômes est une activité légale, puisqu’au final, le titre vendu est du vent.


Exemple d’une école
sans diplôme ni diplômé

Il y a des écoles où les enseignants ne sont pas diplômés… Alors j’ai voulu en savoir plus en m’adressant au fondateur d’une des principales écoles européennes où l’on enseigne la permaculture, Benjamin Broustey de Permaculture Design

Une tempête dans un verre d’eau agite le petit monde de la permaculture, à savoir : faut-il être diplômé pour l’enseigner ? C’est le reproche que t’adressent aujourd’hui ses dignitaires puisque tu enseignes sans diplôme :

Il n’y a aucune obligation à être diplômé pour enseigner.

Et je tiens la réponse de la propre bouche de Geoff LAWTON mandaté par Bill MOLLISON pour continuer son travail de dissémination d’aide à la transition et au changement. J’ai bien sûr questionné directement de nombreuses personnes au sujet de la validité de ce soi-disant diplôme « obligatoire » car je voyais qu’en France, on tentait de l’instaurer comme une voie unique ; ce qui m’a grandement surpris venant d’une démarche que l’on souhaiterait la plus « virale » possible, au vu de l’état du monde, et de par ses profondes valeurs d’autonomie d’être, de penser et de faire.

Benjamin Broustey s’est formé en Australie :

Les enseignants et designers les plus expérimentés et connus en permaculture de la planète n’ont pas de diplôme et je ne pense pas que l’institutionnalisation et la scolarisation de la permaculture soit leur tasse de thé.

L’idée de la normalisation, de la co-optation, des hiérarchies et jeu de pouvoir qu’entraîne ces démarches, sont bien loin des valeurs profondes libertaires et auto-responsabilisantes de la permaculture…

Je partage sa vision ouverte sur un monde qui respire ! Par ailleurs, j’aurais aimé vous faire partager l’avis d’un des promoteurs du diplôme en permaculture, mais tous ceux que j’ai contacté, m’ont dit être à titre personnel, contre ce diplôme.


Compétences pédagogiques

En dehors des compétences intrinsèques de l’enseignant, le premier point reste l’aptitude de la personne à transmettre des savoirs, et surtout à donner l’envie de se les accaparer. Et là, difficile de le savoir puisque aucun diplôme n’intègre la capacité d’un individu à captiver son auditoire et à lui donner du plaisir à apprendre. Et entre un professionnel de la formation sans expérience du terrain et un professionnel du terrain sans pédagogie, je crois savoir que le résultat est le même.

Toutefois, par l’odeur alléchée, notre époque voit fleurir toute une cohorte de formateurs sans aucune expérience du terrain, sauf d’avoir bien appris leur leçon et de la réciter comme des perroquets !


Quel modèle économique ?

Et commençons par la version en ligne du Jardin-vivant qui repose volontairement sur aucun modèle économique.

En effet, dès sa création, le site a été conçu dans un esprit de partage similaire au fondement de l’Open Source pour les logiciels libres, ce qui fera dire à Philippe Bertrand sur France Inter en 2015, que le Jardin-vivant est une plate-forme de formation à distante à la permaculture. Formation gratuite et ouverte à tous.

Ceci dit, n’empêche que le portage d’un tel projet est lourd et relève avant tout de l’activisme ; le Jardin Vivant étant garanti sans pub visible ou dissimulée, malgré les nombreuses sollicitations commerciales. Par conséquence, le Jardin-vivant est l’exemple type du mauvais exemple !


Formation gratuite !

Dans un monde idéal, le partage des savoirs serait libre et gratuit.

Et d’une certaine manière, il l’a été avant l’arrivée sur le marché dans les années 80, du florissant business des formations. Et dans ce monde frico-économico-commercialo qui est le nôtre, il a pris ses parts de marché comme chacun prend sa part sans se soucier de la part des autres au nom que tout travail mérite salaire.

Difficile de faire la part des choses et de trouver la juste mesure dans un monde où seul le pouvoir de l’argent règne.

C’est gratuit donc ça ne vaut rien…

Lors du lancement du Jardin Vivant, j’avais opté pour transmettre gratuitement tous les ans à un certain nombre de personnes motivées, mais j’ai été obligé d’abandonner ce projet, puisque quand c’est gratuit, c’est que ça ne vaut rien. Et effectivement, dans notre société, gratuit veut dire sans valeur.

Un autre raison est que beaucoup voulaient se former pour devenir formateur ! Dire que j’ai attendu près de 30 ans avant d’écrire sur ces sujets quand d’autres voudraient enseigner sans recul ni expérience du terrain.

Entre la théorie et la pratique,
se trouve un puits sans fond.

Et dans le fond du puits, une Nature qui n’est pas à notre service, qui n’entre ni dans le champ du bien ou du mal et qui n’est ni bonne ni mauvaise pour les humains.

La nature est, et c’est tout. Elle est en perpétuel mouvement, et comme dit l’adage : Seul son changement est immuable. Et transmettre cette immuabilité comme l’appréhender prend des années.

Pour conclure

D’un point de vue éthique humaniste, le modèle économique reste à inventer. Et en premier, il doit apporter une réponse sociale car tout le monde et même n’importe qui… doit avoir accès à ce droit universel sans que l’argent soit un frein. Parce que les Savoirs sont un bien commun.

Avant, on choisissait son formateur en fonction de la maîtrise de son art ; le compagnonnage permettait ainsi de multiplier les expériences afin d’affiner la sienne.

C’est le modèle de formation par excellence, qui prend certes du temps, mais dans notre course en avant, prendre le temps qu’il faut à maturer, quitte à en perdre aussi précieux soit-il, c’est finalement en gagner pour l’avenir.

 

16 réflexions sur “Se former à la permaculture

  1. Bonjour à tous, et merci pour cet article car finalement en cherchant ma voie j’allais tomber dans ce piège mercantile…

    Oui je cherche ma voie, à plus de 30 ans je ne l’ai pas encore vraiment trouvé ! une seule conviction : Dame Nature est mon repère, dès que je m’en écarte je me perds. Alors oui, j’ai songé à me FORMER de manière efficace, je le fais avec des livres, des fichiers disponibles sur internet mais la quantité d’informations est telle que cela semble plus ‘facile’ ou compréhensible et plus fiable aussi d’aller vers des personnes qui SAVENT, mais qui ponctionnent un peu, beaucoup d’argent…

    Mais qui sait ?
    La permaculture est une éthique, une vision de la vie et j’avoue que j’ai souvent été interloquée par le prix réclamé, alors que mon dernier livre lu, celui de M. Fukuoka, invite exactement à l’inverse, partage, respect.

    Mais je conçois aussi que tout travail mérite salaire, chacun doit pouvoir vivre de sa passion, de son travail… Je déplore juste de lire qu’une grande quantité de personnes qui se forment sont juste là pour dire ‘j’y étais’ et veulent satisfaire leurs consciences.

    Depuis peu, je suis avec attention les vidéos de Permaculture Design et vous M. Gatineau, j’apprends beaucoup oui, mais dans tous les cas je n’apprendrais jamais mieux que sur le terrain, pas vrai ?

    Maintenant, derrière mon écran place aux interrogations…
    Une belle journée à vous tous.

    1. Merci Sandrine pour votre retour.

      Votre avis rejoint un certain nombre de courriels que je reçois.

      Plus qu’une éthique, la permaculture traditionnelle est un regard que l’on pose sur le monde, une manière de le penser, une INTENTION. C’est d’ailleurs le contenu de mon prochain article : Le mythe de l’humus !

      Belle journée à vous

  2. En ajoutant l’aspect d’échec, qui ne ressort pas (ou peu ou jamais), aspect souligné par des permaculteurs européens et québécois, nous aurons le panorama complet, je pense, de ce qui se fait au sujet des « formations ».
    Souvent seule la réussite compte et est complètement présentée, même si l’échec est abordé très rapidement, du style « ça ne marchera pas du premier coup ».
    Je n’ai pas suivi de « formation (diplômante ou pas) », mais en suivant divers groupes (sur facebook) de perma, je me rends compte que la réussite complète et totale est attendue par certains en une saison seulement. Sur mon terrain de 2700m², nous avons mis 10 ans avant de commencer (seulement) à avoir un résultat. Le plus notable est le retour en masse (une véritable armée) des vers de terre depuis l’automne dernier.
    Nous espérons que cette année nous allons commencer à avoir des résultats sensibles.
    Par ailleurs des personnes intriguées, ou qui nous suivent via internet et les réseaux sociaux, se sont arrêtées l’an dernier pour voir, discuter et nous demander si nous délivrions des « formations » (ma femme et moi, car c’est elle la « patronne » 😉 ). Ce à quoi nous avons répondu simplement que s’ils voulaient venir voir et faire un peu avec nous, ils étaient les bienvenus, étant ouvert à l’échange. S’ils veulent par la suite nous acheter 1 ou 2 légumes/fruits, nous en serions par ailleurs satisfait.
    Mais non, nous ne délivrons pas de formation, nous partageons nos expériences, bonnes ou mauvaises. Et si un jour, de leur côté, ils font la même chose, alors ce sera parfait, nous leur aurons transmis ce goût du partage gratuit de la connaissance et des pratiques.
    Je viens du monde de l’informatique, et depuis quelques années, je plonge allègrement dans le monde du libre et de l’open source. C’est mon métier, depuis plus de 20 ans maintenant. Mais là où je me trouve le mieux, c’est dans ce terrain, à faire, défaire, refaire et planter, semer et récolter.
    L’informatique (libre) donne la possibilité de créer quelque chose, mais c’est sans comparaison avec la nature, car elle est palpable.
    Voilà, voilà, voilà, je me retrouve souvent dans vos mots, et sachant que nous ne sommes pas loin géographiquement parlant, ça ajoute peut-être au phénomène.
    Un grand salut de Saintonge, et à bientôt de vous lire.

    1. Effectivement, tu abordes plusieurs points très pertinents, comme la fausse idée qu’on monte une ferme comme on ouvre un magasin…

      Il faut dire également que 100 % des fermes en permaculture font faillites dans les 2 ans, sauf si la vente de stages est leur fonds de commerce.

      Quant aux Fermes d’Avenir, il faudrait déjà commencer par leur créer un statut fiscal et social particulier pour leur donner une chance d’êtres viables. Puis de créer un revenu universel pour ces fermiers. C’est par là qu’il fallait commencer.

      L’État est capable d’accorder des dizaines de milliers d’€ de rentes annuels à certains agriculteurs, parfois plus d’une centaine pour les grands céréaliers, alors ce n’est pas une question d’argent mais de volonté politique.

      C’est une idée que je porte comme celle de l’open source, mais étrangement, elles ne résonnent pas dans ce milieu !

      Quant à notre proximité géographique, pire, je suis né à quelques encablures d’où vous cultivez, et j’ai même des terres là-bas, enfin sur le papier, car j’en ai été exproprié par ma propre famille…

      Belle journée.

  3. À écouter beaucoup de permaculteurs ( diplomés ou non) , la plus part des livres etc la permaculture prétend sauver le monde a créant de l’abondance. ..

    Mais de quelle abondance parlons nous ? Un shoot consumériste ou un vrai altruisme ? Je vois surtout une abondance de formation et donc aussi une privatisation du savoir.

    Il suffit pour s’en convaincre d’aller sur le forum national de la permaculture.

    À ce que je sache c’est du service qui est rendu sur du savoir qui est libre depuis longtemps (ceux de nos aïeux ) mais que l’on s’est réapproprié en y ajoutant de la connaissance moderne et la complexité.

    Je ne suis pas contre le fait que des gens vivent de la formation ( faute de pouvoir en vivre autrement) mais il y a donc une forme de confiscation mercantile qu’habituellement l’on peut reprocher à d’autres acteurs industriels.

    Si l’on veut « sauver le monde » je milite pour une libération totale du savoir en opensource.

    Je viens du monde universitaire et nous sommes des gros utilisateurs de logiciels libres. Cela n’empèche pas le service malgré la libération de la connaissance.

    De même cette libération permet d’améliorer, d’expérimenter et si besoin de briser les dogmes.

    Il y a quelques intiatives en france.

    Le travail formidable de Christophe Köpel et de brin de paille alsace :

    http://www.bdpalsace.fr/tiki-view_articles.php?type=Classified

    168 articles sur la permaculture, l’apiculture, les plantes, le petit élevage, le bien-être. Tout le savoir de Christophe Köpel a été mis à libre disposition de tous et surtout basé sur sa grande expérience donc du concret éprouvé . Ce don véritablement altruiste a été en grande partie financé par ses propres deniers ( si je ne m’abuse).

    Vous y trouverez des vidéos ( conférences, tutos, reflexion) des plans, des ressources de qualité.

    Le travail de did67 le jardinier avec son potager du paresseux.
    https://www.youtube.com/channel/UCm-SeCr6-0dPzfUT8gZvYLg

    Et enfin sikana pour les méthodes bio-entensives.
    https://www.sikana.tv/fr/nature

  4. Entièrement d’accord.

    Ce qui m’interroge également,c’est que des personnes révélant une pensée linéaire,enseignent un univers holistique,à savoir intelligible par arborescence!

  5. Je suis assez d’accord avec ce qui est dit. Je déteste particulièrement le système des diplômes, qui doit être en partie dû à la centralisation de l’Etat et à l’administration, alors qu’on pourrait favoriser les initiatives et la confiance au point de vue local.
    Mais du coup, pur le futur permaculteur, le diplôme peut permettre d’obtenir une terre plus facilement (puisqu’on considère qu’il faut tout acheter) et de s’installer. Ca oblige à passer par un système qu’on aime pas forcément, mais ça peut être pour le changer de l’intérieur par exemple, en créant son mode de vie progressivement.

    On peut aussi refuser ce système et chercher toutes les alternatives pour passer au travers, le court-circuiter.

    Deux points de vue qui peuvent conduire à des résultats similaires.

    Je suis d’accord avec Benjamin Broustey

    1. Étienne,

      Vous dites que le diplôme de permaculteur permettrait de s’installer et d’acquérir par la même de la terre.

      SAUF que ce diplôme ne repose sur aucun référentiel et qu’il n’a AUCUNE VALEUR JURIDIQUE

      Pour l’anecdote, savez-vous que le premier diplômé a été diplomé par des gens qui ne l’étaient pas ?

      Belle journée

  6. Un très chouette billet, je rejoins une bonne partie de ce qui est posé ici, notamment la partie relative à la tentative d’instaurer un diplôme de permaculture obligatoire, alors que les plus grands enseignants de cette planète dont j’ai côtoyé plusieurs ne sont absolument pas dans cette démarche…

    pour ce qui est du modèle économique chacun choisira sa voie, toutes sont louables…

    pour la pérennité de notre activité, le financement d’expérimentations terrains sans contraintes économiques et la continuité de l’évolution de notre propre formation de formateur, nous avons choisi notre voie…néanmoins dans le pays des droits de l’homme il y a aussi des avantages intéressants pour se faire financer des formations…environ 1/3 de nos participants ne payent pas leur formation….évidemment ils ne sont pas là en vacances, ni pour passer le temps, il y a un vrai projet derrière, condition sine qua non du financement…la possibilité d’apprendre par soi même et la documentation très peu coûteuse d’Internet reste aussi une solution même si il est vrai qu’elle est peut être moins efficiente à mon goût…

    merci pour ce billet authentique et assumé en tous cas et qui laisse le débat ouvert…

    1. Merci Benjamin pour ton commentaire intelligent que je partage à 100 % et qui complète cet article.

  7. Excellent billet: Une bonne mise en perspective qui m’a permis d’éviter de claquer de l’argent bêtement.
    En attendant, et pour ceux qui sont juste à la recherche de connaissances pratique (le théorique a vite ses limites), je trouve quand même regrettable que vos formation n’existent plus

    1. Bonsoir,

      Effectivement, la théorie a ses limites, mais elle est la base pour bien comprendre la pratique et surtout pour l’adapter à son terroir.

      Ceci étant, nous réfléchissons pour l’année prochaine à un modèle économique qui puisse nous permettre de dispenser des formations tout en étant compatible avec nos aspirations. Mais pour le moment, nous cherchons… ?

  8. Bonjour,
    Le pays des droits de l’homme n’implique pas l’adhésion automatique aux valeurs que cela implique. LE pays expose l’illusion d’une unité alors qu’il n’est que la somme d’individualités jamais consultées sur leur liens personnels aux principes humanistes. Que des petits malins s’engouffrent dans le permabusiness n’est en rien extravagant. Aux éventuels clients d’être aussi malins et ne pas se faire piéger. Reconnaissons que la plupart, et parce qu’ils en ont les moyens, vont considérer qu’une expérience originale est bien moins onéreuse qu’un séjour dans une station à la mode tout en fournissant matière à narration future: Le « j’y étais » évoqué devant le béotien ébahi devient plus valorisant, voire grisant que le plaisir ressenti quand « j’y suis ». Le ton napoléonien post-austerlitzien a encore un bel avenir.
    Par contre, choquant est le comportement intéressé (mais il faut bien gagner sa croûte, où placer la limite?) d’individus se présentant comme des militants engagés pour « prendre soin des autres ». De prendre soin de l’autre à prendre soin de son (le sien, le mien) porte-monnaie, il n’y a qu’un pas que certains avancent…ou pas….Cette jambe en avant, manifestement, tu n’es pas prêt de l’envoyer…bravo.
    Cordialement

  9. Encore un article très juste avec la destination idéologique sur la transmission très bien placée aussi. L’argent nous a fait perdre nos savoirs faire, normal que l’argent aide a les remettre en place pour que la transmission devienne de nouveau un jour la clef de notre culture permanente et pas un marchandise a la mode.

    Merci

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