Végan et idées reçues : la face cachée de l’antispéciste

On mange trop de viande, trop de beurre, trop de fromage, trop de sucre, trop de lait, trop d’œufs. C’est un fait. Enfin, pas pour tout le monde.
Toutes les vies ont la même valeur !
C’est un fait. Enfin, pas pour grand monde…

En fait, c’est toujours la même histoire. On a le droit de manger peu ou pas de viande, peu ou pas de produits laitiers, refuser de prendre des médicaments issus de l’expérimentation animale, s’engager pour la cause des « bêtes » et des bêtes de somme, et être contre la pratique actuelle de la chasse ou des courses de chevaux, sans être végan. Oui, c’est possible de vivre sans un fil idéologique accroché à la patte comme un boulet, de la même manière que l’on peut cultiver sa vie en symbiose avec la Nature sans être permaculteur.

Oui, on peut vivre une vie sans croire être meilleur que les autres.

Mais voilà, je me fais régulièrement remonter les bretelles par quelques dépositaires de la bonne morale, des végans bienveillants qui n’ont jamais mis les mains dans la terre et qui fantasment sur une nature édénique. Et c’est effectivement dérangeant de se faire juger, insulter et traiter de réactionnaire, parce que mes points de vue dérangent leur foi.
Alors, j’ai écrit cet article en réaction.

Actualisé le 22/01/17

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Quel lien avec la permaculture ?

Le véganisme et la permaculture ont grandi sur le même terreau urbain et ils partagent une éthique tout en proposant à leurs adeptes un autre mode de vie et de développement de la société. Voilà en gros les concomitances idéologiques de ces deux mouvements, sachant que chacun possède ses propres courants.

Et comme la permaculture, le véganisme prend tout son sens dans un consommé local ou dans la production de son alimentation et de ses besoins.

Mais si dans les pays chauds, la chose est finalement facile à atteindre, dans les pays du Nord comme ici en France, elle est pour le moins ardue. À moins d’importer de l’autre bout de la Terre une partie de la nourriture à grands renforts d’énergie pétrolière et avec toutes ses conséquences écologiques et sociales pour les populations locales.

C’est là où le bât blesse, quand le végan n’est qu’un consommateur comme un autre.

Je m’explique.

C’ quoi un végan ?

Le végan considère que les animaux sont des êtres sensibles et qu’à ce titre, ils ne sont ni des objets ni nos esclaves. Je partage.

Mais c’est également la ligne de partage des eaux avec la permaculture, où l’animal est finalement peu considéré à l’exemple de ces poulailler ambulants qui les emprisonnent, tracteurs à poules, et qui sont une abomination pour le bien-être de l’animal.

  • À l’opposé, le végan exclut de son alimentation et de sa consommation (habillement, cosmétique) tous produits d’origine animale (végétalien).
  • Exclut tous les médicaments issus de l’expérimentation sur l’animal, mais également tous les usages contre nature de l’animal : cirque, corrida, parcs animaliers, courses de chiens, de chevaux, sports et centres équestres. Sans oublier la chasse, la pêche et la traction animale.

En effet, on a rarement vu un cheval ouvrir spontanément la gueule pour se faire enfiler les mors… Ou se précipiter à vouloir tirer une charrette ou du bois à l’instar des mules de mon film TÊTE DE MULE. Bref, je partage que la maltraitance animale est une monstruosité à l’exemple des élevages concentrationnaires, mais pas pire que la maltraitance des êtres humains.


L’INDE,
première nation végétarienne !

L’Inde et ses centaines de millions de végétariens, premier pays au monde où la pratique de l’esclavage touche encore des millions d’humains selon les observateurs…

Et où il est encore préférable de naître avec une quéquette que sans, tant les droits des femmes y sont bafoués comme les droits des pauvres. Quant aux animaux domestiques, hormis quelques vaches et taureaux, ils ne sont pas plus heureux que chez nous. Donc, l’alimentation n’a pas d’influence sur la bienveillance.

IDÉE REÇUE : Végétarisme = Humanisme, altruisme

Le véganisme,
une forme radicale de végétarisme

Le véganisme s’appuie sur le rejet de toute forme d’exploitation des animaux contrairement aux végétariens qui consomment du lait, du fromage, des œufs… Mais quel est l’envers du décor quand beaucoup des produits de consommation du végan sont importés de pays où justement les travailleuses et les travailleurs sont exploités quand ils ne sont pas maltraités ?

Parce que les normes Bio n’intègrent aucun engagement social. Ni en France ni ailleurs. Et nul n’ignore aujourd’hui les conditions de travail abominables des ouvriers agricoles immigrés du Sud de l’Espagne.

Prenons un exemple commun à tous les régimes alimentaires : le thé bio. Savez-vous combien sont payées les femmes qui le ramassent en Inde ? L’Inde, l’un des plus gros producteurs mondiaux. Moins de 2 € par jour pour 12 heures de travail debout et avec une hotte sur le dos qui pèse plus de 20 kg pleine.

Alors bien évidemment, les adeptes du véganisme ne sont pas responsables de cet état de fait, mais indirectement, ils concourent à en entretenir le système ! !!! QUAND, comment, pourquoi ?

Quand leur changement de vie s’arrête à seulement pousser les portes d’un supermarché bio ; et parce que tous les supermarchés bio sont les premiers vampires de ce système. Ξ

Travail-des-enfants
Rajasthan – 1987. Jeune fille au travail dans un atelier de fabrication de tapis. C Gatineau
Taux horaire = 17 centimes l’heure !

Le commerce équitable
pour exploiter la pauvreté avec éthique !

Extrait de Pauvre de nous – La pauvreté, une chance pour les riches !

Flatter le pauvre en le caressant dans le sens du poil, le commerce équitable a su en faire un argument commercial, car sous le couvert d’une belle idée, le seul à rester pauvre dans cette affaire, c’est le paysan pauvre. Pauvre mais digne ! Mais pauvre.

Et les seuls à s’enrichir sont les mêmes qui l’ont appauvri. Parce qu’au final, tous les produits du commerce équitable finissent dans les rayons de la grande distribution qui elle ne rogne jamais sa marge au nom de l’équité et de la juste répartition des richesses.


IDÉE REÇUE : BIO = Bien-être

Des normes bio sans norme sociale !

Du bio sans engagement social mais avec des pesticides et des résidus d’OGM, voilà les normes européennes. Des OGM et des pesticides dans le bio alors que notre législation est plutôt exigeante. Et ailleurs où les législations sont souples, si souples, quelle est la réalité du bio, ce bio d’importation ?

Le saviez-vous ?
Quand vous achetez un produit bio, il n’est pas bio à 100 %…
Il est bio à plus ou moins 95 % !
Mais que contiennent les 5 % restants ?
Mystère et boule de gomme.

La seule réponse à tout ce fourbi, c’est de consommer LOCAL.
Et au delà de l’idéologie, à mon sens, c’est là que le véganisme prend tout sens.

En France, les hybrides sont autorisés au même titre que les résidus de pesticides, d’antibiotiques et d’hormones de croissance ; dans les pailles, les fumiers et les composts utilisés pour nourrir la Terre qui nourrira les légumes Bio. C’est comique ou tragique ?

En Europe, l’industrialisation de l’agriculture bio est en route à l’exemple de ces fermes de plusieurs milliers d’hectares comme en Allemagne. Et en France, on prépare le terrain et les consciences… Lire le chapitre sur le ministère de l’agroalimentaire.Ξ

Le végan prend-il son pied ?

Pas son pied ! Prenons-lui sa chaussure… Une suffira.

Si elle n’est pas en cuir (et pour cause), elle est en plastique, en coton, en caoutchouc… Des matériaux qui ont tous un impact très négatif sur la biodiversité ! C’est-à-dire que leur production tue des animaux en grand nombre, détruit des milieux naturels et des équilibres sociaux… comme les pesticides !

À ce sujet, lire l’article de Christophe Bichon où il met en évidence que les conséquences des pesticides sont pires que ses effets :

L’érosion de la biodiversité demeure en grande partie liée aux pesticides : le parasite est détruit au même titre que son prédateur et que les auxiliaires qui passaient par là et n’avaient rien demandé à personne.

Prenons le coton de sa chaussure

Suivant les techniques, bio ou pas, il faut de 6 à 30 tonnes d’eau pour produire 1 kg de coton… Et sa culture consomme 25 % des insecticides vendus dans le monde et 10 % de la totalité des pesticides. Son blanchiment réclame du chlore et ses teintures sont chimiques. Pourquoi chimiques ?

Parce qu’il y a bien longtemps qu’il n’y a plus assez de plantes tinctoriales sur la planète pour teindre nos vêtements… Il nous faudrait une autre Terre ! C’est drôle non ?

Je passe évidement sous silence les conditions de travail des ouvriers agricoles et le coton transgénique… Comment faire ? Là encore, le consommé local prend tout son sens et parmi les fibres naturelles disponibles, il y a l’ortie, le lin et le chanvre. Mais le chanvre est victime du lobby du coton et des conséquences de la prohibition de sa sœur hallucinogène…

Bref, en dehors de marcher pieds nus ou avec des sabots,
aucune solution n’est idéale.
Et pour notre confort, toutes portent leurs lots de douleurs.

Conclusion

Le premier bénéfice du mouvement végan, est d’avoir mis sur la place publique le problème de la maltraitance animale et de notre rapport à lui, cet autre être si proche et si loin.

Cet engagement pour que la société ouvre les yeux, est à mes yeux, aussi formidable que profondément civique à  l’instar du travail fait par l’association L214.

Mais quand l’engagement se limite à ne changer que le logiciel de pensée comme on change une paire de lunettes, finalement, le végan reste un consommateur comme un autre qui continue à alimenter le même système.
 

Le ver de terre, une espèce à protéger – 1/12

21 réflexions sur “Végan et idées reçues : la face cachée de l’antispéciste

  1. Bonsoir CG, merci de votre commentaire. Hervé aurait peut être répondu différemment à mes questions. Votre réponse, aussi intéressante soit elle, n’y répond pas vraiment. .. Bonne soirée 🙂

  2. Bonjour,
    je trouve le post de Daniela fort intéressant. Il pousse à modérer ses positions même s’il tape plutôt à côté sur de nombreux points, l’auteure paraît un peu aveuglé par son parti pris (comme le confirme aussi bien sa conclusion !). Je comprends qu’une explication de textes prendrait beaucoup de temps (et on y perd toujours en fraîcheur et légèreté).
    Un autre article intéressant et un peu plus technique (et aussi un peu plus intolérant peut-être ! ou disons un peu plus nerveux) se trouve sur le site “Eco-logique : le blog de Jean-François Dumas”.
    Cordialement,
    Sylvain

  3. Autres mythes:

    Végan = bon pour la santé
    Mis a part les articles “clickbait” sur le net, il n’y a pas de justification scientifique a l’idée que supprimer tout produit animal soit bon pour la santé. Il y a beaucoup de mauvaise études sur le sujet aussi (la fameuse “China study” par exemple).
    Mais la facon la plus simple de comprendre ceci est de voir l’humain sous l’angle évolutionel. Nous avons évolué en chasseur cueilleurs. Nos genes sont ceux de chasseur cueilleurs (mangeant tout les morceaux d’animaux sauvages et non juste les muscles d’animaux élevés). Nos premiers ancetres arrivés dans les régions froides du nord n’auraient jamais pu survivre les hivers sur un régime végan. Un régime végan crée un risque fort de malnutrition et a terme (terme qui peut s’étaler sur des années) des carences. Une quantité trop importante de graines et céréales dans l’alimentation a des conséquences directes et négatives sur le métabolisme (carries, croissance moins forte a l’adolescence, inflammation, etc)

    Végan = bon pour l’environnement.
    OK, une agriculture véganne donne une priorité aux plantes. L’argument écologique concerne des points tels que la consommation d’énergie et la consommation d’eau ainsi que le ratio masse produite / surface (tonne/acre). A supposer que les chiffres qu’on nous donne ne soient pas manipulés (et il le sont certainement), cela ne veut pas dire que l’agriculture véganne soit plus écologique qu’un systeme non-conventionnel utilisant la permaculture et l’élevage avec un systeme de rotation. Le systeme qui permet le plus a TOUTES les especes animales de vivre en paix est encore celui des chasseur-cueilleurs, car c’est le seul qui nécessite un écosysteme parfaitement fonctionnel.

    Le seul angle sous lequel je trouve que le véganisme prends son sens, est celui de la croyance.
    Chacun a droit de croire ce qu’il veut. Si quelqu’un croit qu’il n’a pas le droit d’imposer quoi que ce soit aux autres especes animales, c’est une croyance totalement valable. Je demande juste qu’il ne fasse pas de prosélytisme et respecte mon droit de croire autrement.

    1. Hervé,

      Je partage vos derniers mots, votre conclusion, puisque c’est justement ce qui m’avait motivé à écrire cet article. Belle journée

    2. Bonjour Hervé. Qu’est ce qui permet de tirer la conclusion que “à long terme” comme vous semblez le dire, ne plus manger de produits animaux serait mauvais ? Avec des années de consommation carnée derrière nous, on n’a jamais éradiqué les maladies, toujours croissantes, notamment les ravages au niveau du coeur (en cause surtout le cholestérol du aux produits animaux et laitiers, l’humain en général ne sachant bien s’ alimenter). Et puis il faut du recul pour dire que ne pas consommer de produits animaux est néfaste. Nous n’avons de recul que celui de la consommation carnée…donc avant d’avancer certaines théories, attendons de voir. ..rendez vous dans longtemps ! 🙂

    3. Illin,

      Pour répondre à votre question, étant par ailleurs l’auteur de l’article, si, nous avons du recul sur l’absence de consommation de viande puisqu’au moins 500 millions d’indiens sont végétariens…

      Par ailleurs, plusieurs millions à l’exemple des jaïns, vont plus loin que les principes du véganisme, se déplaçant avec un voile devant la bouche pour ne pas tuer les insectes, et balayant devant leurs pieds lors de chaque déplacement.

      Après ça dépend des métabolismes, nous n’avons pas tous le même. Belle soirée

  4. Bonjour Monsieur Gatineau,

    N’ayant vu aucune réponse de véganes dans les commentaires de votre article, j’en déduis qu’il y a peu de chances que le mien soit publié par vous et cela va à l’opposé de vos allégations disant que vous souhaitiez créer un vrai débat sur les sujets que vous proposez…C’est bien “vache” de votre part, sachant que de nombreux véganes vont être attirés par votre page racoleuse sans pouvoir se défendre.
    Alors, prenez au moins la peine de lire, car à mon avis vous n’avez pas réellement lu “Antispéciste” d’Aymeric Caron, sinon vous ne vous mélangeriez pas autant les pinceaux…Vous pouvez aussi lire “No steak” du même auteur ou “Faut-il manger les animaux?” de Jonathan Safran Foer.

    Je m’intéresse à la permaculture depuis longtemps et m’apprête à concrétiser mon projet de vie en autonomie alimentaire et énergétique, et je suis choquée de lire votre article qui tire dans les pattes des véganes et antispécistes dont je suis. J’ai du mal à tourner mes phrases gentiment, car je trouve votre article super violent! Les écolos sont-ils si nombreux en France que vous les preniez pour cible, dès lors que vous ne comprenez pas leur démarche? Je suis comme vous une admiratrice des travaux des Bourguignon et de Pierre Rabhi…

    Car au vu de votre texte, vous ne comprenez pas.
    Déjà dans le titre, vous confondez les propositions végane et antispéciste, et ce n’est pas du tout la même chose…
    Le véganisme n’est pas une mode, bien que cela provienne des pays anglosaxons, tout comme la permaculture d’ailleurs. Le véganisme n’est pas une religion, ni un mouvement sectaire, ou encore un régime alimentaire. Le régime alimentaire s’appelle le végétaLisme, qui exclut les produits à manger d’origine animale…Le véganisme est une ETHIQUE de laquelle découlent des principes de vie que chaque végane choisit d’assumer et de mettre en pratique (je devrais dire courageusement, car ce n’est pas évident dans toutes les circonstances!). Les véganes ne veulent pas “ne plus rien avoir à faire avec les animaux”, comme j’ai pu le lire dans un des commentaires publiés, ils ne veulent tout simplement pas que les animaux humains et non humains soient EXPLOITES. Que ce soit pour la nourriture, l’habillement ou les loisirs. “Animaux humains et non humains” cela veut dire que les véganes ne sont pas plus d’accord pour cautionner des pratiques inégalitaires vis-à-vis des humains : ils ne veulent pas que des enfants de quatre ans cassent des cailloux en Inde pour du fard à paupières…pour cela quand ils en ont les moyens, ils s’achètent des cosmétiques estampillées “VEGAN” qui garantissent qu’il n’y a pas eu de maltraitance d’aucune sorte… Pour ma part, je ne consomme pas de fard à paupière, ni de thé, ni de café, et suis locavore autant qu’il m’est possible de l’être. Je m’habille en friperie, mais espère que de nouveaux produits (comme des chaussures véganes ou des Paris-Brest) seront proposés près de chez moi lorsque la demande sera plus importante. Car les véganes ne souhaitent pas non plus acheter chinois…

    Lorsque vous titrez “le véganisme, une forme radicale de végétarisme”, vous révélez à quel point vous ne connaissez pas votre sujet car végane et végétarien ne sont pas équivalents. Mais ce qu’on peut dire de ce rapprochement, c’est que de nos jours, il est incohérent d’être végétarien (de ne pas manger de viande) tout en continuant à consommer des oeufs (dont la production occasionne aussi la souffrance et la mort des poussins mâles et des poules pondeuses qui ne produisent plus) et du lait (dont la production occasionne la souffrance et la mort de veaux à qui on vole le lait et la souffrance et la mort des vaches qui au bout de 5 ans sont bonnes pour l’abattoir). Ce n’est pas de la radicalité, c’est de la COHERENCE. Mais dans le parcours de chaque personne, on peut imaginer une progression vers la conscience (c’est bien d’être végétarien, à mon avis, c’est même bien de réduire sa consommation de viande…).

    Vous prenez à parti les véganes comme responsables PLUS QUE LES AUTRES d’une consommation de produits exotiques, bios mais pas écolos, inégalitaires pour les travailleurs alors qu’ils visent exactement le CONTRAIRE; et pour être branchée sur de nombreux sites véganes, je peux affirmer qu’ils sont bien plus sensibilisés au ravages de la mondialisation que le français moyen.

    Pensez-vous que le véganisme soit une pratique de bobo qui ne connaît pas la nature? Détrompez-vous! Le couple de L214 a vécu une grande partie de sa vie à la campagne (à la ferme) et je suis moi-même issue d’une famille de paysans serbes. Si jusqu’à présent nous avons exploité l’homme, l’animal, la nature, il est possible de faire autrement à partir de maintenant. Sur le territoire français, il est possible de cultiver des lentilles, des pois-chiches, des noisettes, des amandes, du riz et du sarrasin, du colza ou du tournesol ou des olives, etc…et de stocker tout ça pour l’hiver. Vous auriez parlé de l’Alaska encore, je veux bien qu’il y soit difficile d’être en permaculture ou végane…mais en France, ce n’est pas le cas. Ce sont des arrangements intellectuels pour rester dans sa zone de confort.

    Et si parfois, on peut avoir envie de quelque chose d’exotique, comme un consommateur lambda, cela produira toujours moins de CO2 que les consommateurs de produits issus de l’exploitation animale. Car pour exemple, l’élevage (industriel, TOUT AUTANT que le familial) est responsable de 40% des émissions de gaz à effet de serre totales, bien plus que tous les transports réunis (avion inclus)! De plus, de nos jours, la demande de produits d’origine animale est grandissante, car les humains sont de plus en plus nombreux sur la planète et de plus en plus de monde fait partie de cette classe moyenne qui a les moyens de consommer de la viande deux fois par jour (Chine, Inde, etc…). Ca n’a jamais été le cas dans le passé avant la mondialisation.
    Croyez-vous que l’élevage familial pouvait couvrir ces besoins? Il ne se serait pas effacé face à l’industrie si il était capable de fournir autant en quantité…C’est bien l’élevage familial qui est une consommation de bobos aujourd’hui! Il n’y a que quelques privilégiés qui y auront accès…Elever des animaux pour les manger double les besoins en terre (sans parler de la consommation et de la pollution de l’eau), car les protéines végétales vont aux animaux; si en revanche on n’élève plus d’animaux pour les manger, on se servira directement des protéines végétales et tous les humains auront ainsi à manger… Et donneur de leçons que vous êtes, vous êtes-vous demandé ce que ça coûte à la planète de faire de mauvais articles sur le net? C’est pas très propre…Pensez-y pour la suite que vous préparez…

    Vous vous souciez des carences qu’ont les véganes? 80% de la production de B12 est aujourd’hui réservée à l’industrie agro-alimentaire. Cela ne me pose pas de problème moral d’acheter et de prendre cette chimie-là, d’autant que si la demande est plus importante, elle pourra être produite localement…Et même si je devais m’en passer (état de guerre ou que sais-je…) je ne regretterais pas, s’il le fallait, de mourir plus jeune pour mes convictions! Quand au fer, on sait où le trouver quand on est végane et femme, merci!

    En passant, le paragraphe sur l’Inde et le végétarisme est d’une mauvaise foi totale. Si l’Inde est le pays des violeurs et des maris tout-puissants, elle est aussi le foyer de notre civilisation et la patrie de Ghandi. La Belgique est le pays de Dutroux, et la France le pays de Landru…Il y a de plus dans votre calcul mental une grossière erreur. Vous dites 1 – l’Inde est végétarienne; 2 – l’Inde est inégalitaire, alors 3 – le végétarien est inégalitaire… Tout le monde fait ce genre de raccourcis frauduleux…c’est navrant!

    L’Antispécisme est quand à lui un positionnement philosophique qui vise à étendre le champ des considérations (le droit par exemple).
    Le spéciste pense qu’il est au centre de la création (héritage biblique) et qu’à ce titre, tout ce qui l’environne est là pour le servir : la nature, les animaux, les noirs, les femmes, le peuple… Il y a eu des luttes pour défendre les noirs, les femmes, le peuple…Est venu le jour de défendre les droits de la nature, des animaux! Ainsi des antispécistes (qui peuvent être véganes, c’est le cas d’Aymeric Caron, par exemple), luttent pour donner des droits juridiques aux grands singes (il y a déjà eu un cas de grand singe défendu devant une cour de justice), car les découvertes scientifiques récentes ne cessent de démontrer que la frontière entre les hommes et les animaux est si ténue qu’on dit maintenant “animaux humains et non humains” et que notre condescendance à leur égard est complètement injustifiée. Pourquoi classifions-nous tel animal parmi les nuisibles, tel autre parmi les mangeables et tel autre comme membre de la famille? C’est notre regard (intéressé) posé sur ce qui nous entoure que l’antispéciste interroge. Si vous aviez lu “Antispéciste; réconcilier l’humain, l’animal, la nature” vous auriez compris le rapport avec le droit, la politique, ce que cela fait sur les humains aussi de maltraiter et de tuer les animaux (d’ailleurs, une étude américaine vient de démontrer un lien entre violence envers les animaux et violence envers les humains…et franchement ce n’est pas étonnant!). A lire aussi “Révolutions animales; comment les animaux sont devenus intelligents” sur le sujet pour étendre votre sphère de considérations.

    Alors, si vous avez des impressions que vous êtes un barbare sanguinaire, cela ne vient pas de moi… il se peut que ce soit juste votre conscience qui vous tarraude…

    Ivanovic Daniela

    1. Daniela,

      Vos derniers mots me taraudent : serais-je un barbare sanguinaire qui s’ignore tout en défendant la cause animale ? Je ne sais plus.

      Vous me dites que je n’ai rien compris, mais vous, avez-vous tout compris ? Belle journée

  5. En tant que végétarien ( avec un r ) et sans me moquer d’eux , car je peux comprendre en partie leur raisonnement , je dirais que le végétalisme c’est bien quand on est une plante et c’est faire abstraction un peu vite que nous sommes des animaux mobiles avec une grosse tête qui consomme beaucoup d’énergie . Mon végétarisme découle sans doute d’un trop de sensibilité mais aussi de trop de temps passé à observer les autres animaux ( sauvages ou domestiques ) … pourrais-tu manger ton cousin ? sachant que ton cousin domestique est né pour ça , né pour être bouffé , et pas peut-être mais à coup sûr . La chasse est devenue chez nous un loisir , un sport ( morbide ) et non plus un besoin pour survivre , d’ailleurs nous sommes beaucoup trop nombreux pour redevenir chasseurs-cueilleurs ( petit clin d’œil aux survivalistes ) . La corrida et les cirques n’en parlons même pas ( bouffonneries et stupidité humaine ) . Pour le reste , il faut malheureusement vivre avec , touts les horreurs commises au nom du progrès dont nous sommes coupables et victimes , volontairement ou indirectement , les injustices très variées . Reste encore le problème de la B12 et du fer ( surtout pour les dames ) , la science nous l’a fait savoir …. des œufs , du lait , du cuir de façon raisonnable , on peut toujours rêver que l’animal est mort de sa belle mort ( c’est un peu faire l’œuf de l’autruche , mais bon , avons nous choisi de naitre humain en pas herbe ? ) . Ceci dit , je ne dérogerai pas à mon végétarisme , sans en faire religion ni prosélytisme , juste une envie de partir un peu en paix , après chacun vit avec sa conscience .

  6. Bonjour,

    Merci pour ce bel article : court, concis mais réfléchi! Je cherchais justement un débat d’idées entre végétalisme et locavorisme. Cela fait partie de mes pistes de réflexion actuellement. Mon compagnon travaille en magasin bio et nous avons la possibilité de nous alimenter en grande partie grâce aux pertes (qui sont d’ailleurs souvent trop importantes pour nous deux, comme quoi, il ne faut pas jeter la pierre uniquement à Auchan & Cie niveau gâchis). Plus de la moitié de nos repas sont vegan ou végétarien bien que nous ne comptons pas nous fédérer totalement à ce mode d’alimentation et mouvement. Pourtant, j’en viens à me poser des questions sur notre mode de vie.

    Je suis sensible à la cause animale et au combat des vegans, j’écoute et lit régulièrement leurs arguments, leurs débats. Je me suis bien trituré la cervelle, j’ai lu énormément, je me suis renseignée auprès de diverses sources.

    Et voilà ma conclusion : le veganisme est un mouvement beau et nécessaire mais qui se trompe tout autant que la masse qu’ils souhaitent combattre et rassembler à leur cause. Je pense qu’à l’heure actuelle, le vrai boycott qu’il faut faire est bien plus dur et malaisé que celui de supprimer la viande et les produits animaux (si! si!). Ce serait de retirer de son panier et frigo tous (ou au moins le maximum) de produits importés, conditionnés, industrialisés, transformés. Et il y en a plus que ce que l’on pense, même chez quelqu’un qui cuisine sain, végétal et bio! Cela va du paquet de biscuit hebdomadaire au steack de soja sans oublier la pâte à tarte tellement pratique mais aussi, la grappe de banane ou la mangue pour son smoothie healthy, les biscuits sans gluten, le quinoa, les framboises surgelées de chez Picard et j’en passe! Si l’on regarde l’alimentation vegan, elle est constituée en grande partie de légumineuses du bout du monde, de fruits et légumes exotiques, de graines variées mais surtout étrangères. Ah oui, et que penser de la junk food végétale avec ses ersatz de viande, ses fauxmages, ses yaourts végétaux etc? Sans oublier la boîte de pois chiche, le tofu, le lait végétal etc…! Ces produits sont peut-être cruelty-free pour les animaux mais pas sur les humains (on sait bien que bio ne veut pas dire conditions sociales/de travail idéales au bout du monde). De même, leur impact écologique est-il à sous-estimer?

    Mais attention, je ne jette pas la pierre aux vegan, étant quelqu’un qui a une alimentation variée, bio et omnivore, cela fait également partie de mes achats. Je pensais pourtant avoir atteint un point d’équilibre mais aujourd’hui, je remets même en question sur tout cela. Et j’en viens à penser que peut-être le lait de brebis d’un petit producteur local respectueux et éthique vaudrait sans doute mieux que ma brique de lait végétal. Surtout que j’ai découvert récemment que la grande majorité des filiales et grandes marques bio sont liées aux grands groupes que l’on souhaite combattre (Monsanto, Nestlé & Cie). Donc, nous sommes dans une boucle ni plus ni moins que l’on alimente contre son gré, quelle que soit notre choix d’alimentation. Mais quel coup de maître au final de leur part! Les vegans et bio addict, qui pensaient combattre les lobbies les alimentent tout autant au final! La solution qui m’apparait aujourd’hui, c’est que si l’on souhaite être vraiment en dissidence avec ce système établi, ce n’est pas une question de ce que l’on met dans son assiette (viande, légumes ou céréales) mais d’où cela vient et comment, par qui, cela est produit. S’éloigner au maximum de nos achats de grande surface, qu’il s’agisse d’un Leclerc ou d’un La Vie Claire en fait. C’est de pouvoir s’offrir le luxe de vivre à la campagne, de produire une partie de son alimentation et de consommer le reste en local et saisonnier. De vivre au ralenti, travailler le minimum pour pouvoir payer ses factures et être autonome tout en ayant le temps d’avoir le temps de produire une partie de son alimentation, le reste venant de producteurs locaux. Un retour en arrière, un retour vers la terre. C’est ce vers quoi nous tendons avec mon compagnon. C’est peut-être utopiste mais nous y croyons.

    Et après ce gros blabla bien décousu (qui n’est pourtant qu’un résumé de ce que j’aurais à dire sur le sujet) une question… où est donc la partie deux de cet article? 🙂

    1. Pauline,

      Merci pour votre retour que je partage à 100 %.

      Preuve que l’on peut déconstruire en construisant.

      La partie 2 est écrite mais elle sera publiée probablement l’année prochaine car il y a en attendant, beaucoup à faire dans toutes les directions… Et nous faisons attention à ne pas finir comme une girouette qui, finalement, ne fait que girouetter !

      Quant aux laits végétaux, savez-vous que c’est ultra simple à faire et ultra économique ?

      Belle journée.

  7. Bonjour,

    Même si les Vegans ne veulent plus avoir affaire aux animaux.
    Ils faudrait tout de même continuer à les élever et à garder un liens avec eux, car tous les animaux de ferme sont issues d’animaux sauvages qui ont été domestiqué et sélectionné ( comme le chien vient du loup )
    Si nous traçons un trait sur ce lien, on peut dire adieux à bon nombres d’espèces (qui sont déjà en difficulté par l’industrie) et agrandir la liste des animaux disparu.
    Je ne suis pas sur qu’une poule de ferme familiale soit malheureuse, et puis on peut pas l’empêcher de pondre des oeufs !

    le Véganisme est une réaction extrême à une détresse extrême, et on peut le comprendre. ( car nous avons atteint un comportement extrême )

    tant qu’il y aura des clients pour acheter un burger ou des nuggets de 9h à 00h. 7j/7.
    ou un bout de muscle dans son plat à chaque repas, nous savons que quelque part vivent des activités d’élevages et d’abattage affligeantes, et traumatise les plus sensibles d’entre nous.
    Pour la plupart d’entre nous qui avons grandis loin de ces animaux, et qui n’avons jamais eu à tuer pour manger de la viande.

    Attention tout de même de ne pas céder au marché de la “chair” végétale… et au gout de poulet fumé s’il vous plait ! !

    une consommation occasionnelle et locale venant d’une activité à petite échelle, serait une idée, dans un monde meilleur ? Je pense. Si c’est possible. A condition que les animaux ne soit pas nourrie au soja du brésil bien sûr ! ( y en a même en vente en jardinerie pour vos poulettes )

    Et comme ça nous pourrons fermer les abattoirs industriel ( Mince, tous les employés vont manifester ! et perdre leurs emplois)

    vaste sujet à traiter en effet.
    aucune pratique n’est idéal, mais dans les lots de contradiction, cela part d’une bonne intention d’agir et de donner une part de soi dans une situation confuse..

  8. Bonjour Christophe,

    Après avoir lu cet article, je me suis tourné vers quelques recherches sur les vegans.

    Je vous invite à regarder le documentaire “Cowspiracy”: https://www.youtube.com/watch?v=-F3F-i5aS-8
    (sous titré en français)

    Je l’ai découvert hier et je comprends mieux le point de vue des végétaliens.
    Je m’interroge donc.

    Le mieux étant d’agir en notre âme et conscience, de ne plus jouer aux hypocrites.

    @++
    Franck

    1. Merci Franck pour ce retour,

      C’est ainsi que je conçois mon site : par des commentaires qui vont alimenter le débat puisque l’objet de mes articles est de le soulever tout en luttant contre la pensée unique.

      Certains radicaux n’ont pas compris que cet article n’était pas contre le véganisme mais pour le locavorisme.

      Et effectivement je vous rejoins, l’important est d’agir en pleine conscience.

      Belle journée.

  9. Mais que c’est délicieux, ce frisson d’impertinence, ce coup de pied dans le cul de la bien-pensance à la mode, pour remettre les idées en place, tout en légèreté !
    Merci !!!

  10. Christophe,

    tu tires un fil et tout le pull(bio bien sûr) vient…il nous faut donc faire le choix le moins mauvais pour la terre ….

    1. Effectivement, nous avons déjà trop tiré la ficelle par les 2 bouts… que le seul choix qu’il nous reste, est de faire de notre mieux en faisant la part des choses.

      Mais tout cela ne rend pas l’aventure moins excitante !

      Belle journée

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