Résultats du sondage AUTONOMIE et PERMACULTURE

Au mois de septembre 2015, 552 couples et personnes ont participé à la première enquête indépendante sur l’autonomie, une étude conduite par le Jardin-vivant pour mesurer l’écart entre l’envie et la réalité de l’autonomie. Le but avoué étant de donner une image réelle des pratiques jardinières et de la perception de la permaculture.

Vu la répartition, la diversité et le nombre de participants, ces données statistiques peuvent être considérées comme suffisamment représentatives et fidèles à la réalité : 552 réponses enregistrées pour 15 à 20 000 personnes atteintes.

  • La parité respectée à quelques têtes prés
  • 14 % ont répondu en couple
  • Difficulté à mobiliser les moins de 30 ans
  • 77 % des participants vivent en dehors des villes
  • 92 % cultivent la terre.

Jardin-vivant-ageUne enquête nationale

qui a vu la participation de l’Outre-mer, mais également de pays francophones : Belgique, Suisse, Suède, Italie, Espagne, Portugal, Finlande, Canada, Brésil, Colombie, Philippines, Centrafrique, Mali, Maroc, Tunisie…

Bien relayée par les réseaux sociaux, plusieurs sites dont France Inter, Terre Vivante, Ressources Permaculture, Permaculteurs, Jardinons un sol vivant et Un monde vernaculaire ont également retransmis l’information.

Merci à Philippe Bertrand, de l’émission Carnets de campagne, qui a donné un joli coup de pouce au projet en lui consacrant 7 minutes à une heure de grande écoute.

 

Jardin-vivant-permaculture

Pour ma part, la permaculture est  un projet social qu vise à enrichir le taux de bien-être des générations futures à vivre ensemble sur la planète. Et cela demande effectivement de prendre soin de la Terre et d’avoir un minimum d’éthique et d’empathie pour le monde qui entoure notre nombril. À ce titre, la permaculture n’est ni un supplément d’âme ni une méthode, ni un outil, mais une autre manière de penser le développement.

Beaucoup de commentaires

Beaucoup de commentaires et de la déception, car les promesses des récoltes abondantes ne sont pas au RDV.

Un sentiment confirmé par les chiffres qui mettent en évidence un besoin de Savoirs et de formations. En effet, si 92 % déclarent jardiner, et près de la moitié cultiver des jardins de plus de 250 m², 20 % des jardins de plus 500 m²,  seulement 2,4 % se déclarent experts.

Par ailleurs, alors que 99,5 % des sondés sont sensibles à la permaculture, à l’agroécologie ou au jardinage bio, 30 % ayant même suivi un stage payant, ils disent que leur niveau de compétence en permaculture est faible…


Jardin-vivant-formation

 
Internet arrive largement en tête mais soulève une sacrée question : vais-je sur Internet pour me former, m’informer ou conforter mes croyances ?

Quelques commentaires

  • Merci de me venir en aide…
  • 3 ans en permaculture et toujours énormément de difficultés avec les gastéropodes, acariens… Les bons gestes (paillage, laisser les tiges/racines) semblent empirer ces nuisibles !
  • J’ai essayé de cultiver des pommes de terre sur des buttes et j’ai été envahie par des campagnols… qui ne quittent plus mon jardin et ont fait des trous partout…
  • J’utilise la consoude et la prèle que j’ai plantées et qui du coup, ont envahi mon jardin…
  • Je profite de leurs bienfaits, bien que leurs effets ne soient pas visibles…
Des jardiniers qui ne savent plus s’ils doivent faire des buttes, pailler, arroser… Internet est vecteur d’une grande confusion, où tout et son contraire est soutenu sans nuance ni distance.

La seule chose qui compte

C’est le résultat : ce que l’on va récolter pour s’alimenter, nourrir ses animaux ou sa terre. C’est en écoutant la musique d’un musicien que l’on apprécie sa technique et sa sensibilité. C’est en dévorant des yeux un tableau que l’on apprécie la virtuosité d’un peintre. Et c’est en voyant les récoltes d’un jardinier que l’on apprécie les bénéfices de sa méthode.

Des techniques simples

Quant aux techniques, elles se doivent d’être les plus simples possible puisque la culture se révèle être d’une grande complexité par la gestion du nombre de ses variables connues et inconnues. J’ose rappeler qu’il n’existe aucune méthode révolutionnaire en dehors de celles des bonimenteurs et autres charlatans qui surfent sur l’ignorance et la désespérance.

Nous connaissons seulement 5 % des êtres vivants qui vivent sous nos pieds et quasi rien du fonctionnement de cet écosystème.

L’agriculture, même quand elle est perma-culture ou agro-écologie, en est toujours au stade de sa préhistoire !

Et pour finir, aucune expérience n’est reproductible à la lettre. Dernier commentaire reçu : « Je détiens ma méthode de travail de mes ascendants depuis au moins cinq générations. Leur principe : tout observer tous les jours. »

Observer

Si observer est la base, une autre est de comprendre ses observations. En effet, vous aurez beau observer que le moteur de votre voiture ne démarre pas, si vous ne savez pas comment il fonctionne, vous resterez sur le bord de la route à regarder les autres avancer ! Pour aller plus loin…

Jardin-vivant-jardin

Jardin-vivant-prive

moins de 50 m2 = petit jardin
 entre 50 et 250 m2 = un moyen jardin
plus e 250 M2 = un grand jardin


Quel est votre budget annuel ?
Votre temps de travail au jardin ?
Le nombre de personnes nourris ?

 


Paillez-vous ?
Arrosez-vous ?
Utilisez-vous l’ortie?

 


Part du jardin dans votre alimentation.
Poids de fruits et légumes récoltés.
Nombre de variétés cultivées.


À MÉDITER

Et si l’autonomie commençait par une pensée libre à l’ombre de la pensée dominante ; par une autonomie intellectuelle et spirituelle retrouvées ; par le refus de s’alimenter au biberon de l’agro-alimentaire, des fast-foods et des supermarchés ; par un consommé local et de proximité.

Des gestes simples et à la portée de tous pour un acte politique fort.

Se faire à manger est devenu un acte révolutionnaire !

En effet, se faire à manger permet d’accéder à l’autonomie tout en s’émancipant de notre modèle économique qui s’appuie sur la consommation : plus on consomme plus on produit, plus on produit plus on consomme… Un système autarcique et énergivore qui crée de la dépendance et de l’addiction, clef de voûte de la monoculture !

Et pour finir, cette étude a été volontairement conduite sans aucun soutien financier pour ne pas être influencée.


Pour une utilisation non commerciale, les données de cette étude sont libres de droits. Veuillez seulement préciser la source : source Le Jardin-vivant & Christophe Gatineau

Comparatif URINE / ORTIE

 

 

4 réflexions sur “Résultats du sondage AUTONOMIE et PERMACULTURE

  1. Merci pour cet article très complet et intéressant.

    C’est vrai qu’il n’y a pas de solutions miracles.

    Cultiver la terre est un métier difficile et complexe, peut importe les méthodes. Il faut donc suivre ses convictions…Même si je pense que la culture raisonnée est le meilleur choix 😉

    Bravo !

  2. Bonjour
    Je vous remercie pour cette enquête. Mes yeux n’étant plus des yeux de linx, j’avoue ne pas avoir réussi à lire les 6 derniers tableaux et lorsque je clique dessus je n’accède qu’à une partie des données. Si vous avez un conseil à me donner pour pouvoir lire ces données, ou un lien, je suis preneur.
    Ah la butte, que de débats …. j’avoue qu’en tant que permaculteur débutant, j’en ai créé dans mon jardin. Pour quelles raisons ? Tout d’abord, pour voir comment cela fonctionne. Ensuite, et je trouve cela important, pour me faire plaisir … je sais, c’est un peu bizarre, mais j’avais envie de faire quelque chose qui esthétiquement me plait et énergétiquement m’a permis de me défouler dans mon jardin. Puis, le temps passant, je me rends peu à peu compte que le plus important, en dehors de tout dogme, c’est d »abord et avant tout de se faire plaisir, d’avoir un jardin qui vous correspond et qui correspond à vos besoins. En cette fin d’année 2015, quelle synthèse puis-je faire ? Tout d’abord, par curiosité, j’ai pesé tous mes légumes : 320 kg sur 56m2 cultivés. J’ai eu pas mal d’échecs, mais aussi des succès. J’avoue avoir hâte que l’année 2016 commence pour pouvoir continuer à progresser. Je vise à augmenter de manière significative ma production de légumes pour notre famille de 4 personnes. Résidant à Nancy, en ville, je bénéficie d’une terre que je pense fertile mais d’un ensoleillement limité ( entouré d’immeubles). Bien entendu, j’ai arrosé ce jardin en 2015, cela fait d’ailleurs partie des éléments à optimiser sur 2016 car cela m’a pris trop de temps. Je compte sur 2016 noter scrupuleusement, à nouveau, ma production et le temps que j’y consacre … ceci afin de voir par moi même, sur mon territoire, ce qu’il en est vraiment. Alors, les buttes, utiles ou pas ? J’avoue que pour le moment, je n’en sais rien …. je n’ai pas encore assez de recul : elles produisent, nous verrons bien si elles sont toujours fertiles sur 2016. A titre d’anecdote, je trouve également que la permaculture est trop souvent présentée comme une somme de techniques. C’est comme une boite à outils : si l’ouvrier n’est pas habile, elle ne sert à rien et donc, il convient avant tout, j’y reviens, d’observer, de chercher et ensuite, d’appliquer pour … se tromper et recommencer ( les joies de la frustration :-)). Il y a aussi ceux que j’appelle les croisés, qui voient en elle l’alpha et l’omega, la solution à tous nos maux. Ils s’insurgent même lorsqu’on ose dire que moi, ce qui m’intéresse dedans, c’est la partie maraichage. Pensez donc, limiter la permaculture à une simple production de légumes, que nenni, elle est bien plus que cela, c’est un modèle de société durable, Monsieur, il faut penser beaucoup plus large. Manque de chance, mon horizon à moi, pour le moment, c’est mon jardin et cela me suffit amplement. D’ailleurs, allez, je suis taquin, mais les principales figures du mouvement permacole sont d’abord et avant tout des jardiniers-vivriers-maraichers ( urban homestaed, bec hellouin, fortier, coleman, E Hazelip, forrer, poot …) car à la fin, il faut bien manger, que diable et si en plus c’est bon, pourquoi s’en priver ?
    Bon, je m’arrête là pour l’instant … merci pour votre approche critique qui fait du bien tout en n’oubliant pas que la permaculture a quand même de nombreux atouts, l’un des plus importants, selon moi, étant de réintroduire dans les villes la question de la production vivrière, de l’autonomie. Pourquoi elle plus qu’une autre discipline ? Tout simplement parce qu’elle a, dans son approche, une dimension intellectuelle qui séduit nombre d’urbains, qui les rassure par certains côtés ou plutôt qui leur propose un premier chemin, une ligne à suivre pour se réapproprier la terre. Et rien que pour cela, je lui en suis particulièrement reconnaissant.

    1. Bonsoir Rambour,

      Merci pour votre retour assez bavard… que je partage.

      L’objet de mes articles est justement de lutter contre toutes les positions dogmatiques :: Et en premier lieu, le jardinier doit prendre du plaisir à vivre dans son jardin comme vous le soulignez si judicieusement. Merci de l’avoir rappelé, car c’est l’essence ou le moteur de la culture.

      Quant à la butte, elle peut apporter indéniablement un plus esthétique dans un jardin. En début d’année, je vais publier un nouvel article pour la promouvoir car elle peut être une réponse agronomique à un milieu difficile.

      Et enfin, pour répondre à votre question au sujet des graphiques, il fait cliquer une seconde fois sur l’image pour les agrandir.

      Belle soirée.

  3. Pourquoi cette enquête ne prend en compte que le végétal : pas l’animal, l’énergie, l’eau ou l’habitat ?

    1 / Il y avait 2 solutions : rester en surface pour avoir une vue superficielle ou rentrer en profondeur pour explorer un des champs de la permaculture.

    Le second choix a été fait.

    2 / L’animal a été volontairement exclu car son alimentation pose le problème des énergies fossiles consommées pour produire sa nourriture.

    3 / Quant à l’habitat, il soulève l’écueil de la propriété, de la pleine propriété et de l’accession à la propriété.

    4 / Et enfin, nous voulions intégrer ceux qui habitent en ville et qui n’ont ni jardin ni maison ni propriété et encore moins une vache, un âne ou une chèvre !

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