Buttes de permaculture et idées reçues

La butte de culture ou la culture sur buttes est devenue une figure de la permaculture en France, comme un signe de reconnaissance et d’appartenance à une tribu ; un symbole si fort que beaucoup d’adeptes croient que la culture sans but, c’est cultiver contre la nature !

Et on peut lire sur le web : « La culture sur buttes est un principe fondamental en permaculture. », et sous la plume du journaliste de Rue89, Thibaut Schepman : « La butte, une combine épatante du jardinier bio et paresseux. »

 À ce sujet, Claude BOURGUIGNON explique dans une vidéo :

Les buttes, c’est beaucoup de travail. Alors pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple en déposant la matière organique à la surface… C’est plus reposant ! Faire des buttes, c’est bien en zone sahélienne, mais chez nous, il faut vraiment avoir envie de se casser les reins pour rien…

Quant à Moilamain, un des phares de la permaculture, il soutient que les buttes ont été greffées par hasard à la permaculture par Emilia HAZELIP dans les années 80 !

En parallèle à ses activités de maraîchage, Émilia dispensait des stages d’introduction à la permaculture pendant lesquels son jardin en butte servait de support à l’illustration des principes de la permaculture (sol non travaillé, fertilité créée par les plantes…). Et l’amalgame, permaculture = culture sur butte, est sûrement né dans ce contexte.

 Et à la question : la butte élève-t-elle la permaculture ?

Clairement, non ! Très sincèrement, la culture sur butte est un détail de peu d’importance pour ceux qui ont une bonne connaissance du concept de permaculture « inventé » par Bill Mollison.

Beaucoup réalisent des buttes façon Forrer qu’ils appellent butte de permaculture… Mais ils ne connaissent pas grand-chose aux mécanismes du sol et de la fertilité. Ils réalisent des buttes bourrées de matières organiques sur des terrains déjà fertiles… Et l’amalgame perdure, renforcé par une vidéo présentant la méthode de Philip Forrer qui enterre du bois pourri dans ses buttes.

Claude BOURGUIGNON renchérit aux 2èmes assises de la biodiversité en 2012.

La grande bêtise de l’agriculture, c’est de labourer et mettre la matière organique sous les racines. Donc le temps que les racines arrivent, c’est minéralisé. Première leçon :  Ne jamais enfouir de la matière organique dans un sol, la nature nous le dit.

Et que fait-on dans une butte de permaculture ?

On enfouit la matière organique.
Mark, Flickr, Creative Commons

Traditionnellement, les buttes de culture étaient nourries par l’apport régulier de matière organique fraîche déposée à leur surface. À l’inverse, elle est enfouie profondément en permaculture comme dans un labour.

De plus, ces buttes modernes sont édifiées sur des bois de récupération type palettes, bois vert, bois pourri ou troncs d’arbres alors que traditionnellement, le bois était proscrit parce qu’une butte auto-fertile imite l’écosystème forestier.

La butte,
une technique ancestrale

La butte de culture est une technique agricole ancestrale et universelle pour cultiver les zones humides. C’est un pur produit du bon sens paysan, détourné aujourd’hui par les croyances.

Aussi, quand une enseignante internationale en permaculture m’a montré sur photos qu’elle avait fait couper des arbres, avant de faire recouvrir leurs troncs de terre avec un bulldozer au Moyen-Orient pour édifier des buttes fertiles… plus que les bras, j’en suis tombé sur le cul ! C’est con, y’a pas d’autres mots, c’est une connerie sans nom. N’empêche qu’au final, la note a été salée pour le client !


Quant aux bois enterrés, microbiologiste et spécialiste du Sol-vivant, Gilles DOMENECH prévient :

Si le bois se trouve dans une zone mal oxygénée de la butte, il va participer à précipiter la chute du taux d’oxygène du fait de l’activité des micro-organismes décomposeurs, il y a localement un risque accru d’acidification et d’hydromorphie, ce qui n’est favorable ni à l’activité biologique ni à la fertilité…

Dossier complet sur les buttes
dans cet ouvrage.

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65 réflexions sur “Buttes de permaculture et idées reçues

  1. Bonjour
    Je veux planter des érables sur un sol qui a été très érodé. La fraction organique est de l’ordre de 25cm. Tout de suite en dessous c’est l’horizon B. J’ai la possibilité de broyer des rameaux et d’utiliser des troncs qui pourrissent. Dois-je juste laisser en surface ? J’ai des algues marines à proximité. Puis je les utiliser ou est-ce un risque que azote minéralisée le peu de MO qui me reste.
    Tangi

    1. Bonjour,

      C’est bien pour repiquer ces arbres.

      J’ajouterais seulement sur le sol, du foin, des feuilles ou des herbes sèches pour maintenir la chaleur et l’humidité, et nourrir la vie souterraine.

  2. Bonjour
    Bien l’à pris de lire tout ces récits !!!
    Justement je m’apprête à faire ma butte de perma. Donc je be mettrai oas de carton ,ni de bois, et j’ai la chance d’avoir curé 2 petites mares chez moi . Donc que pensez vous si j’incorpore la terre retirée des mares, pour monter la butte ?? Ici chez moi c’est assez argileux et truffé de cailloux, je suis en Normandie.
    Merci pour vos conseils et j’espère de votre réponse
    Daniel

  3. J’ai toujours autant de plaisir à lire vos articles et vos coups de gueule !
    Merci

  4. Bonjour,
    Article très intéressant et très convaincant.
    Un potager dans le Médoc depuis deux ans. Sol très sableux, très sec en été. Nous avons fait deux buttes de permaculture (sans doute pas dans les règles de l’art), surtout pour nous débarrasser de branchages un peu gros et biscornus, ou de bois à moitié décomposé, pas très utilisables dans le poêle. La terre qui a été décaissée au départ a bien été déposée en surface, puis paillée. La butte est très bien aérée, trop en fait, elle s’assèche très vite, la terre (enfin… le sable…) fuit entre les branches du dessous ou sur les côtés. Peu de légumes s’y plaisent, et quand on est contraint d’arroser, comme cet été, l’eau ruisselle. Par contre, quand il y a un peu de pluie, toutes sortes de champignons étonnants s’y développent.
    Depuis longtemps, et alors que je lis le contraire quasiment partout, je reste persuadée – dans le cas d’un sol comme le nôtre – qu’il ne faudrait pas que les allées soient en contrebas des planches de culture, mais plutôt surélevées. Comment faire ? Là est la question. En effet quand on dépose de la MO sur le sol, cela élève le niveau de la planche, les allées finissent toujours par être plus basses, et ce sont elles qui profitent le mieux de la moindre pluie. Résultat : herbe verdoyante dans les allées, légumes desséchés…

    1. Marie-Christiane,

      Quant à votre idée de surélever vos allées, une première chose : vos planches seront difficiles à cultiver à moins d’aimer être casser en deux…

      Ceci étant, en apportant votre MO sur le sol, n’ayez crainte, votre sol va s’élever au fil des années de quelques centimètres mais c’est tout. Belle journée

  5. Bonjour,
    J’ai lu votre article et je me pose une question:
    du coup, lorsque je fais un compost classique (mes tontes de pelouse, des branches d’arbre fine, mes déchets vert de cuisine…), en tas dans un coin de mon jardin, cela est très mauvais pour le sol? Parce que je suis bien en train d’enfouir de la matière organique, certes sous de la matière organique aussi, mais mon tas fait bien 1m de haut, à force…

    Merci de me donner votre avis.

    1. Bonsoir,

      Pour répondre à votre question : enfouir la MO n’est pas mauvais pour le sol mais c’est comme pisser dans un violon !

      Belle journée

  6. Bonjour,

    et merci pour votre réponse et vos articles très intéressants.

    Je voyais les buttes comme une bonne idée pour surélever les carrés, afin de ménager mon dos un peu douloureux ; eh bien tant pis, faisons au mieux pour le sol; à moins de faire un fond en “lasagne” ?

    Belle journée à vous !

  7. Bonjour,

    je suis en Bresse, donc terre argileuse ;
    je m’apprêtais à faire des carrés potager en hauteur, avec du bois au fond, puis du BRF, puis 20 cm de terre, et je m’aperçois que j’ai failli faire une belle erreur !

    j’ai de la bonne terre végétale donnée par un voisin, dois-je simplement la mettre dans des carré et pailler ensuite en surface?

    1. Bonjour,

      Oui, vous avez raison mais ne paillez pas tout de suite.

      D’ailleurs, il est déconseillé de pailler à cette saison car cela empêche le réchauffement de la terre et retarde la végétation.

      Paillez au plus sec de l’été ou à l’automne si votre terre est nue.

      Pour ma part, j’ai une terre argileuse mais je n’utilise ni paillage ni BRF… Voir vidéo

      Belle journée

  8. Très bon article , je voulais me lancer dans les buttes de permaculture , mais j’ai vite vu les limites de cette pratique surtout la hugelkultur ou on enterre des quantités énormes de bois en anaérobie qui va mettre des années à se décomposer et qui va produire un effet de faim d’azote permanent comme le BRF ou autres matières carbonées enterrées .
    En fait les buttes ce n’est jamais que des gros tas de compost en formation .
    Je vais essayer la méthode couverture de mulch assez épais issu de feuilles et gazon à moitié composté .
    Dans la commune voisine je récupères ce qui est jeté plus de 100 mètres cubes par an ( feuilles gazon fleurs coupées etc ) mais il faut faire vite sinon ils enterrent tout pour que personne ne puisse en profiter .

  9. Bonsoir Christophe,
    Je vous remercie pour votre retour! Nous drainons notre terrain depuis plusieurs saisons en y faisant des rigoles bien évidement.
    Lorsque vous parlez de planche de 20 cm,… que signifiez vous? Parlez vous d’un “cadre” comme cela se fait dans la culture en “carré”? Suggérez vous un “désherbage” du terrain au préalable,et de ou vient la terre rapportée si nous surélévations la culture de 20 cm?
    très cordialement,
    C,

    1. Je parle de butte basse, c’est-à-dire de bande de culture de 0,75 de largeur.

      Mais si votre terrain est toujours aussi humide, il vous faut soit augmenter le nombre de rigoles, soit la profondeur pour que l’eau circule. Si cela ne suffit pas, il faudra augmenter la hauteur de vos planches (planche = bande culture = ancien mot pour désigner une butte de culture)

  10. Bonjour, Je tombe par hasard sur votre blog plein d’intérêt, Merci! ( je viens d’acheter deux de vos ouvrages que j’ai hâte de pouvoir lire ) Nous sommes situés dans les Vosges à 550 m d’altitude,… nous nous apprêtons à créer un grand jardin partager pour 4 familles et souhaitons pouvoir y être à terme, autonomes en respectant notre milieu naturel. Notre terre est sombre, très humides voir gorgée d’eau et nous nous apprêtions à faire une série de 8 buttes avec du vieux bois enfuis trouvé dans la foret voisine,… bien sur ce projet représente un gros travail. Suite à la lecture de vos articles, je doute que cela soit une bonne solution. Quels conseils pourriez vous nous donner?

    1. Bonsoir,

      Vous me décrivez un milieu hydromorphe, aussi il convient pour mettre les pieds de vos plantes au sec, de commencer par drainer votre terrain en créant des rigoles pour évacuer l’eau.

      Ensuite, plus que des buttes, des planches d’une hauteur de 20 cm devraient largement suffire.

      Quant au bois, vous en ferez un meilleur usage pour vous chauffer.

      Belle soirée.

  11. Bonjour,

    Bravo pour cet article, qui étudie le bien fondé d’une (ou plutôt de plusieurs) technique(s) d’enfouissement de matières ligneuses dans le sol, les arguments sont posés et revus par différents connaisseurs, étant moi-même biologiste (écologiste UCL belgique), jardinier amateur et animateur en agroécologie et permaculture (Terre & Humanisme), je me permet un avis. Je trouve regrettable tout d’abord de rester sur le mode des paroles pour un sujet d’une telle importance, il faudrait des albums de photos et des preuves analytiques un peu plus précises. Je trouve qu’il y a un joyeux mélange d’avis qui est à relier au peu de cas qu’il est fait de l’importance des contextes pédologiques et des détails techniques fins, pour adresser une telle question, premièrement s’il est assez évident qu’enfuir un BRF sur un sol argileux un peu froid et mouillé risque très fort de le bloquer pour dix ans, il n’est pas du tout à exclure qu’une butte bien réalisée sur ce même sol permette l’obtention de résultat tout à fait bons, ce qu’il faut voir c’est comment on passe de l’observation du milieu naturel dont on cherche à imiter les zones d’abondance de productivité, à un montage (design) intelligent et surtout surtout, ne pas oublier qu’un seul détail du montage peut modifier totalement le résultat !!! Une recette de cuisine ça se respecte scrupuleusement, or je vois ici beaucoup de commentaires qui semblent indiquer que l’on a ni compris, ni pris le temps d’étudier les détails de ces recettes ! De quoi parle-t-on ? Si c’est d’enfuir du bois en profondeur sans rien faire d’autre, c’est certainement un fort mauvaise idée voir un désastre, et une grosse perte de temps et d’énergie. Si on parle de la technique d’hugelkultur qui nous vient de Sepp H. il faut rappeler que c’est essentiellement une technique d’accélération de production d’un sol fertile de plus grande épaisseur dans un contexte ou le bois est un déchet (monoculture de pin à remplacer) ou le froid est très limitant sur l’activité biologique de surface (au delà de 1000 m d’altitude en Autriche) et ou la litière est une litière de forêt de pin très acide et bloquée à plusieurs niveaux. Si on parle des buttes que l’on appelle buttes sandwiches ou buttes Morez, du nom d’un grand scientifique agroécologiste peu connu (qui a écrit les 12 volumes “cahiers de llagroécologie” de Robert Morez, alors on parle d’une technique qui impose la rigueur de trois couches de même épaisseur, une dominée par le bois de grosse et moyenne section, une autre par les matières cellulosiques et enfin un réservoir d’azote pour contrer l’effet de la faim du même nom qui surviendrait si on l’oubliait, … bien réalisée (et il faudrait tout un chapitre pour parler des fameux détails) cette méthode donne des rendements énormes pour une économie de 75% d’eau d’arrosage, elle sert surtout dans des contextes de terres très ingrates et dans les climats ou les sècheresses sont monnaie courante. Nous avons réalisé des centaines de ces buttes et je n’ai pas le souvenir d’une seule qui n’ait été une fête de vie ! En moins de deux à quatre ans il ne reste aucune trace du bois car les deux facteurs les plus importants n’ont pas été mis de côté : c’est l’oxygénation qui n’est jamais oubliée dans un réacteur bien réalisé, et l’azote qui ne manque à aucun moment !!! Alors on a bien une technique redoutable de création de sol fertile au sein d’un réacteur de vie ou champignons, bactéries, et toute la micro et macrofaune du sol travaillent de concert, d’une manière presque comparable à ce qui se passe au coeur d’un tas de compost paysan ! Vous l’aurez compris, je ne suis pas contre les buttes, mais je suis surtout contre les raccourcis, et ce qui me chagrine c’est de voir que beaucoup de gens vont maintenant brandir des cartes, pour ou contre, blanc ou noir, … c’est un des chagrins assez caractéristique de la manière de fonctionner avec la communication dans l’hexagone. Soyons force de création et de témoignage, invitons-nous à réfléchir ensemble, au lieu de se tirer dans les pattes !!

    1. Bonjour, je suis agroécologue et d’accord avec vos conclusions. Je n’utilise pas les buttes pour faire de la permaculture sectaire, mais dans certains cas: en Afrique ou en Amérique du sud, de petites buttes apportent des avantages comme par ex ombrage partiel, canalision de l’eau etc. Dans les jardins d’agrément, un massif sur butte peut changer le paysage. C’est un moyen intéressant de recycler des déchets végétaux quand on a pas la place de les traiter ailleurs. Par contre, c’est dommage de gaspiller les troncs ou bûches, qui peuvent avoir bien d’autres usages plus utiles. Voilà mon avis parmi d’autres. Personne n’a la vérité, celle-ci change en fonction des paramètres de chacun. Echangeons donc nos expériences sans guerroyer pour un dogme.

    2. Bonjour Stéphane et Mic,

      Je partage évidemment vos conclusions qui font le sens de mon travail.

      En effet, je crois avoir été le premier (ou un des premiers) à écrire dans La permaculture, illusion et réalité, que l’agroécologie et la permaculture étaient des sœurs jumelles.

  12. Je suis en train de construire une butte de culture et j’avais prévu d’enterrer du bois. J’ai monté un plessis de noisettier sur 50cm et ai retiré la terre qui est plutôt limoneuse sur 30cm, en dessous on trouve directement une roch schisteuse. Que conseillez vous pour que je continue le travail en minimisant les erreurs ?

    Merci d’avance

    1. Bonsoir Jeanrem,

      Je suppose que le plessis de noisetier est utilisé pour retenir la terre. Si c’est le cas, il va pourrir très vite parce qu’il n’a aucune tenu dans le temps à l’extérieur. Comme l’osier ou le saule, ou à moins de les traiter à cœur avec un pesticide contre les champignons…

      Vous auriez dû utiliser de la gaulette de châtaigner fendue par exemple. De plus fendu, le bois résiste mieux au temps que le bois rond.

      Avec 30 cm de terre, effectivement la réserve nutritive de vos plantes est très faible ; trop faible à mon avis pour un potager.

      Que ferais-je ?

      Remettre la terre à sa place et éventuellement remonter la terre des allées sur votre planche de culture pour gagner quelques centimes.

      Ensuite, faire des apports de MO fraiche ou sèche sans retourner la terre ; tout en maintenant une bonne oxygénation de votre sol pour maximiser l’activité biologique.

      Lisez ces articles en complément : L’entretien avec Claude Bourguignon et Un jardin en lasagne

      Bonne soirée

  13. Bonjour, Merci pour l’article pertinent.
    Je souhaite néanmoins avoir quelques précisions de votre part car je suis un peu confus. Il faut dire que nous sommes au Québec, que le climat est plutôt froid avec abondance d’eau (au pied d’une montagne) et un sol très argileux.

    Voici notre situation : nous avons fabriqué un premier hugelkulture en bordure de route afin de créer une haie brise-vent pour nos jardins. Nous avons creusé environs 20 cm sur 25m, placé du bois déjà en décomposition qui était sur le terrain, un ballot de foin du voisin d’en face, une vingtaine de brouette de fumier du voisin d’à côté, pour finir avec un autre ballot de foin. Ça fait déjà quelques mois et la butte a déjà commencé à s’affaisser. Nous avons l’intention d’y ajouter du foin régulièrement dans les premières années. L’objectif n’est pas de “cultiver” cette butte, mais bien de la rendre auto-fertile pour de petits arbustes et des plantes vivaces.

    Un deuxième hugelkulture en bordure de route est en planification. Encore avec du bois déjà en décomposition retrouvé sur le terrain, mais celui-ci avec du BRF de toutes les branches d’arbres que nous avons coupées cet été. J’ai déjà hâte de comparer la productivité de ces 2 types de buttes. (foin vs BRF)

    Maintenant, nos jardins aussi seront en buttes permanentes, mais nous n’allons rien enterrer. Simplement créer des planches permanentes en creusant des allées en envoyant la terre à gauche et à droite. (voir la technique de Jean-Martin Fortier des Jardins de la Grelinette, ou son livre Le Jardinier Maraîcher)

    Quelle distinction y a-t’il à faire entre ce type de butte et celles avec du bois enterré ? Avez-vous des conseils ou préoccupation par rapport à notre situation ?
    Merci d’avance

    1. Bonjour,

      Pour évacuer une erreur récurrente et répondre à votre première question, un sol n’est jamais auto-fertile

      L’autofertilité est liée à la MO vivante et à nos prélèvements… parce que l’agriculture n’est finalement qu’une histoire d’import / export de MO ( Cf mon premier livre)

      Sans prélèvement, un milieu est naturellement autofertile par la diversité des espèces végétales qui y poussent.

      Quand vous me dites avoir enfoui du bois, du foin et du fumier pour planter dessus une haie, vous avez commencé par perturber le milieu et peut-être même bloqué votre sol…

      Simplement, il fallait la planter en aérant autour des racines, et éventuellement mettre du foin autour des pieds pour stimuler l’activité biologique.

      Quant à votre dernière question, l’humus est la nourriture des plantes, et elle se prépare à la surface du sol.

      Vous trouverez toutes les réponses dans les articles liés à celui-ci, dont l’entretien avec Claude Bourguignon

      Belle journée

  14. Bonjour à tous,

    je cultive, du moins je bidouille un tout petit bout de terrain pour y récolter quelques légumes, histoire d’écouter les plantes pousser…

    À lire tout cela et le début de ces considérations sur “les buttes” je suis effarée… pourquoi faire des buttes, alors qu’il suffit d’avoir une bonne terre bien vivante, bien préparée, avec douceur, sans la massacrer. Pour moi, qui ne suis pas du tout cultivatrice d’un potager, cela me dépasse.

    Je vous livre ici mon témoignage humble et simple à propos d’un cultivateur, toute petite exploitation qu’il mène seul…

    Par quoi commencer… c’est un mec qui vit avec la terre… qui la connaît bien… juste en la regardant ou en prenant une poignée dans sa main, il sait s’il doit semer…
    Il a appris « la terre » et la culture dans la ferme familiale qu’il exploite aujourd’hui. Ho, une toute petite ferme… puis il a été à l’école qui prépare aux métiers agricoles… il en est parti en courant quand il a vu ce qu’on y enseigne. Il a parcouru un bout de notre terre, le baluchon sur l’épaule, il a dormi à la belle étoile, il s’est engagé dans des petites fermes un peu partout dans le monde pour apprendre la VRAIE agriculture.
    Aujourd’hui, il cultive son blé. Ses semences sont une sélection de semences anciennes, résistantes.
    Avec cela il fait sa farine qu’il apporte à un moulin à l’ancienne, un VRAI.
    Il fait du pain. Les clients : c’est le bouche à oreille. Il fait environ 200 pains tous les 15 jours. Le pain est élaboré à partir d’un levain de sa confection qui permet de pré-digérer le gluten. Il a donc des clients présentant des problèmes de santé avec le gluten qui peuvent manger de son pain. Mais tout cela du bouche à oreille. D’ailleurs il n’a pas de compte bancaire.
    Son activité lui permet juste d’assurer le quotidien au niveau du budget mais son but c’est pas de gagner de l’argent, c’est juste pour pouvoir continuer sa passion.

    Pour en revenir à sa pratique culturale, elle est simple… Depuis le temps qu’il la dorlote, elle n’a plus besoin d’engrais même naturel, plus besoin de labourage. L’engrais, qu’il fait lui-même (terreau, compost), il n’en met que tous les 4 ou 5 ans. Sa terre est vivante. Pour les semailles, il la prépare en la grattant en surface l’équivalent de la grelinette mais en plus grand : tracteur. LOL !
    Il fait des journées de 18h l’été, il travaille seul ! C’est une force de la nature. Dommage que j’ai plus assez de mémoire pour raconter tout ce qu’il m’a expliqué de technique… c’est lumineux, passionnant, simple et complexe à la fois.
    Jusqu’à maintenant, je n’ai rien lu dans le domaine qui corresponde à sa technique, à sa philosophie de vie, de la terre à cultiver. Je crois qu’il est unique et lorsqu’il ne sera plus nous aurons perdu une bibliothèque !!! car il vit dans l’ombre alors qu’il est lumineux, je veux dire que nous devrions lui organiser des conférences afin qu’il livre son précieux savoir et savoir-faire !

    Pour mon petit potager il m’a indiqué la marche à suivre suivante :
    Donc, quand il n’y a plus rien à récolter, j’arrache tout ce qui ne produit plus et je mets au compost.
    Pas besoin de nettoyer le terrain. Je paille avec de la paille. Il m’a dit de mettre une bonne épaisseur, 20 cm environ (je crois que cette année je vais ajouter des feuilles d’automne en premier mais je vais lui demander d’abord… si c’est bien ou si je ne mets que les feuilles). je mets le paillage textile par-dessus, je le fixe à cause du vent et… je laisse les tites bêbêtes et bactéries faire le travail jusqu’au printemps.

    Au printemps j’enlève tout, je “grelinette” la terre. Ce que je gratte, je le mets au compost. je laisse la terre se reposer, puis je plante quand c’est le bon moment.
    S’il y a un été sec je peux toujours pailler pour garder de l’humidité au sol.

    En tout cas, ce qui est sûr c’est qu’il ne pense pas trop de bien sur la permaculture et les buttes qui blessent la terre. Il est partisan du « j’agresse le moins possible ma terre. Il rejoint les position de Claude Bourguignon et de ce qui est dit dans ce lumineux article plus haut… A son échelle, il a plus de rendement de blé à l’hectare que ses voisins qui pratiquent la culture intensive…

    1. Danielle,

      Merci pour votre témoignage mais savez-vous que votre ami pratique la culture permanente, autrement appelée la perma-culture ou l’agro-écologie ?

      Et il a acquis ses savoirs-faire par une technique aussi vieille que le monde : la culture. C’est-à-dire qu’avant de cultiver la Terre, il s’est cultivé : « On cultive la terre comme on se cultive pour rendre fertile sa vie » 竹灵 – zhú líng à l’automne 2013

      Que la culture soit avec vous !

    2. Bonjour Danielle,

      Nous sommes très intéressés par ces cultures simples, dans le respect du sol, la permaculture… Avant de se lancer nous avons déjà lu de nombreux livres, rapports, vu plusieurs reportages… mais nous aimerions maintenant rencontrer des personnes qui aiment leurs travail et partager leurs savoirs. C’est à leurs côté qu’on apprendra le mieux et qu’on pourra partir sur de bonne base pour notre jardin!

      De plus mon amie, photographe professionnelle, est à la recherche de personne vivant en dehors de cette société de consommation, ces personnes qui paraissent vivre dans un autre temps mais sont enfaite l’avenir. Elle souhaite faire un reportage photographique afin de mettre ces hommes/femmes de l’ombre en la lumière.

      Pour cela, est-il possible d’avoir les coordonnés de la personne que vous décrivez?

      Merci d’avance.

  15. Bonjour,
    Je viens de réaliser une butte auto-fertile avec pour projet d’en faire 6 autres… Car effectivement, il est partout associé permaculture avec buttes auto-fertiles et ce n’est pas le grand public qui fait l’amalgame mais les gens qui écrivent des articles que nous ne faisons qu’interpréter et essayer de mettre en oeuvre. Tout le monde n’est pas permaculteur patenté, mais certains souhaitent comprendre et mettre en place des solutions bio-dynamique, etc. Je suis une de ces personnes.

    Lire cet article me désarçonne un peu… Car que faire ? A un moment donné si l’on veut que les gens se ré-approprient un peu leur sol et leur subsistance il faut passer au concret et avoir une espèce de marche à suivre autre que “Observe durant 10 ans, fais ta formation et ensuite tu sauras”.

    Pour mes buttes, je n’ai pas creusé la terre mais juste casser la croûte sur 2-3 cm et empilé des morceaux d’arbres (de forêt) puis du compost pas tout à fait décomposé et enfin de la terre et du foin (Je n’avais pas de paille) sur la moitié de la butte et des feuilles mortes sur l’autre.

    Alors maintenant que faire ? Je démonte la butte et je remet le bois dans la forêt ? Je n’ai pas trouvé que monter une butte soit un “cassage de dos”, j’ai 45 ans, je l’ai fait avec mes enfants…

    J’ai bien compris que le truc principal est de pailler régulièrement pour apporter de quoi nourrir le monde su sous-sol.
    Merci

    1. Bonjour,

      Le truc principal n’est pas de pailler… Tout dépend des conditions.

      Ne démontez pas votre butte mais utilisez-là à titre pédagogique. Cultivez sans butte à côté et comparez les résultats au fil des ans.

      Quant aux fondements de la culture permanente, ils sont scientifiques.

      Je vous invite à lire cet article http://www.lejardinvivant.fr/2015/10/26/a-lombre-dun-chene-seculaire-avec-claude-bourguignon-entretien-exclusif/ et celui-ci http://www.lejardinvivant.fr/2014/11/15/culture-sur-butte-permaculture-christophe-gatineau/

    2. Merci de ces liens, que j’ai lu. Effectivement, on aimerait être guidé comme un enfant qui apprend à marcher puisque c’est mon (notre) cas en apprenant la permaculture ou l’agriculture pour se nourrir en essayant de savoir un peu plus ce que l’on mange. Mais je comprends que chaque sol, chaque situation est différente et que l’on ne peut pas créer de mode d’emploi universel, mais au moins des bases communes, genre “met un pied devant l’autre”…

      Je suis prêt à travailler, à tester, mais lire des trucs dans un sens et dans un autre en faisant appel au “bon sens paysan” que l’on n’a pas puisqu’on ne l’est pas, n’est pas facile…
      J’aimais bien l’idée de la butte, car elle donnait un socle, une marche à suivre, plus facile à mettre en place.

      Effectivement j’ai plus de résultats en “jetant” mes plants de pomme de terre sur le tas de compost qu’en les enfouissant sous terre, mais tous ne pousse pas pareil.

      Et quand vous dites de cultiver à côté pour comparer, mais cultiver comment ? en paillant, en désherbant…

      Merci de votre réponse en tout cas

    3. Cultivez suivant les principes du sol vivant.

      Et pour cela, vous devez connaitre comment fonctionnent le sol et la plante.
      C’est simple et je développe ces bases à savoir dans mon dernier livre. Bonne soirée

  16. Un raisonnement sur buttes que je voulais faire depuis LONGTEMPS, merci pour cette “compilation” de citations et ce travail, voila qui devrait enfin appuyer pour de bon l’argumentaire pour celles et ceux qui pensent que la permaculture c’est les buttes, déjà et surtout que les buttes c’est complètement inadapté à notre environnement. Dans une vidéo récente Claude Bourguignon reparle des buttes et aussi d’une éventuellement maladie de champignon des racines qui peut survenir dans ce milieu complètement pas naturel.

    1. Bonjour Paul,

      D’ici quelques jours, je vais publier une interview exclusive de Claude Bourguignon où il développe ce sujet.

  17. Bonjour Christophe

    Personnellement, je fais des bacs de 80cm de haut dans lesquelles, je dépose au fond SUR le sol des bûchettes, puis je remplis avec tous les déchets verts qui traînent sur mon terrain pour finalement recouvrir avec 30cm de terre.

    En pratiquant de la sorte, j’ai le sentiment de faire comme pour mes tas de compost, à la différence que j’apporte un peu de terre pour le recouvrir. Peu-t-on considérer que le cœur d’un tas de compost serait comme de la matière organique enfouie dans une butte ?
    J’ai creusé dans un bac, remplie il y a 2 ans, pour voir ce qui se passait à l’intérieur, j’ai eu le sentiment de voir la même chose qu’a l’intérieur d’un tas de compost.

    Merci pour votre article, ça m’a toujours grattouillé dans les entournures cette histoire de matière organique enfouie dans le sol ! 😉

    Amicalement
    loic

    1. Bonjour Loïc,

      Pour répondre à ta question, si ta terre est suffisamment poreuse pour que l’air descende dans le fond de tes bacs, à priori, rien n’entrave pour que ta MO se transforme en humus, même si à mon avis tu prends des risques inutiles. (blocage par manque d’oxygène)

      À mon avis, je crois que tu peux faire beaucoup plus simple en la déposant à la surface… Belle journée.

  18. Merci pour l’article ! j’adhère totalement et c’est vrai que ça permet de remettre en question la technique des buttes. Cependant comment expliquer alors que les buttes de P Forrer et Sepp Holzer fonctionnent si bien ?
    Est-ce simplement une question d’air ? les buttes de P Forrer me semblent très aérées avec une sorte d’énorme paillage (branchage et épines de sapin). Et celles de Sepp Holzer n’ont pas une grande quantité de terre qui vient recouvrir le troncs. L’air peu donc circuler.
    Qu’en pensez vous ?

    Cordialement

    1. Cet article est le premier d’une fusée à trois étages ; aussi prochainement vous trouverez la réponse précise à votre question dans les deux autres… Belle journée.

  19. J’adore l’idée du moindre effort.

    Moi je pose les branchages fins dans mes allées, je roule dessus en brouette. Le bois absorbe le poids des déplacements, se désagrège, perd son écorce (nécessaire pour l’arrivée des mycorhizes (l’écorce les en empêchent). une fois bien écrasé (broyé par les déplacements des hommes ou des chevaux), je le déplace sur mes planches de culture.
    Pas de broyeur, pas d’efforts. La belle vie

  20. Émilia Hazelip a proposé un jardinage synergique qui fonctionné très bien pour elle mais dans son système permacole. Le grand public a mélangé sa façon de jardiner avec la permaculture.

    En qualité de permaculteur expérimenté je ne rejette pas une technique, je cherche plutôt à la comprendre. Les buttes auto-fertiles ont leur place mais pas partout… /.

    1. Merci Steve pour votre témoignage qui concoure à valider l’hypothèse proposer par Moilamain.

      Si vous pouvez développer l’essence de ce jardinage synergique dont beaucoup, comme moi, ignorons totalement les fondements. Bien à vous

  21. Lydia, Claude et les autres commentateur ont parfaitement raison. Le labour humain ou animal n’a jamais retourné que la couche superficielle… Avec 600 CV, 40 cm est un minimum, je pencherais plutôt sur 60 cm… Qui est responsable ? le vendeur de socs ou l’agriculteur ? L’intérêt immédiat des deux.. mais qui détruit le capital, la terre du second… Avec Cairanne, ma fille, nous travaillons grelinette, mais pour un travail plus précis, avec des fourche à 5 ou 6 dents enfoncées en biais et servant de tamis pour ameublir et sortir les racines (chiendent ou autre qui ne cessent de repartir). Bien sûr le dos en prend un coup, mais bien moins que pour constituer une butte ! ☺
    François

  22. Bonsoir Christophe, Bonsoir à toutes et tous,

    C’est bon de lire ce genre de développements ! Je suis d’avis que le copier/coller des bouquins quels qu’ils soient – fussent-ils de plumes illustres – et le versement dans l’application de recettes prétendument toutes faites ne peut que nuire à une issue favorable de ce qui est notre préoccupation à toutes et tous: la vie de nos sols.

    Je pense qu’il est bien plus prospère de s’y coller soi-même, de faire en fonction de son sol, des solutions à disposition en termes d’amendements, d’amélioration de la structure et de relance de la vie microbienne et de la faune, si tout cela est nécessaire bien sûr.

    Bien souvent tout est sur place, et un peu d’observation et d’expérimentation suffisent.

    Je n’ai pas fait de buttes chez moi, j’ai trop vite flairé le coup des buttes, comme des rocailles d’aromatiques ou d’autres prêts-à-penser, comme un gros coup de mode qui ne durera qu’un temps, puisque science sans conscience. A quoi s’ajoute qu’intuitivement, puis plus raisonnablement, il me semblait débile d’enfouir de la matière organique.

    Les buttes ne sont indiquées que pour certaines situations où elles sont, pour le coup, indispensables (sols hydromorphes, proximité trop grande de la roche mère…). Voir l’exemple de Sepp Holzer au KrameterHauf. Voilà des buttes intelligentes.

    Il est bien plus épanouissant de mouiller la chemise, observer, observer encore et expérimenter par soi-même, quitte à se tromper. Les grands constats sont déjà dressés: Limitation voire arrêt du travail du sol, refus des intrants au profit des amendements produits localement, associations, rotations et cultures dérobées/intercalaires et/ou engrais verts, étagement des cultures…

    Pour le reste, c’est l’inventivité, l’adaptation à la localité, la disponibilité des matériaux sur place, et une grosse dose de passion et d’amour qui doivent primer.

    Sortons des dimensions de chapelles !

    C’est ce qui a tué la Bio, c’est ce qui peu à peu ruine la Biodynamie, c’est ce qui est entrain de dénaturer la permaculture et tout autre type de discours sur la nature à partir du moment où il est adopté comme un guide, un courant de pensée, une idéologie, un système de dogmes auquel il suffirait de se conformer pour être en paix avec sa conscience.

    Il n’y a pas de choix: Il faut reprendre à zéro pour chaque nouvelle situation qui se présente à nous.

    Le génie de chacun, comme le génie du vivant, sont bien vite éteints si l’on confond penser et s’identifier (au sens de : faire de l’identique). Ce n’est pas du tout la même chose.

    Merci encore !

    B.Mangin

  23. Bonsoir, j’adore tout ce que j’apprends, et ce que je retiens,et qui me convient,est que le mieux c’est de lui foutre la paix au sol…

  24. ouvrons le debat

    nous ne pouvons rester dans l ignorance

    Mon opinion est que si on enterre de la matiere organique bien chargee en lignine, type tronc vert, qui prend des annees pour se degrader, on le fait sur un sol a granulometrie superieure a 20 micrometres, et on reflechie pour qu il y ai de l oxygene, et dans ce cas on pourra fertiliser sur du moyen terme (15 ans), ou sinon, si le sol est argileux, et bien on le fait pas.

    Mais il ne faut pas stygmatiser les buttes, elle ne sont pas toutes remplies de matiere organique ! Ici en Bolivie ou au Perou, des petites buttes permettent de faire des systemes d irrigation extraordinaires !

    De plus sur sols argileux, ou l eau stagne, les metaux s oxydent, les racines des arbres manquent d oxygene et les populations de micro organismes penchent pour l anaerobie, les buttes sans matiere organique permettent un drainage ou l on peut cultiver en haut des buttes.

    Et puis si on a pas envie de trop travailler et qu on veut user des troncs, on peut les mettre au pieds des arbres et inoculer des champignons mycorhiziens du genre shitake, et mettre a coter en association de cultures forestale des arbres qui entre en symbiose mycorhizien, et qui vont feritiliser le sol de maniere dynamique.
    De cette maniere la pensee va sur le long terme. De cette maniere fonctionnent les forets.

    Moi j aime bien les buttes parce que ca fait moins mal au dos ! Et puis en mettant un tuyau a irrigacion par microcapilarite (poreux), on humidifie le sol sans efforts et sans risquer l evaporacion de l eau du sol.

    J ai vue des buttes aussi, qui ont beaucoup de matiere organique, mais seulement en couverture, un beau mulch bien diversifie, lignine cellulose vert sec tout neuf et decomposes deja inocules par des micro organismes. Et ca marche bien !

    Evidemment, si on parle de permaculture, on ne pourra pas dire que cette technique s utilise sur tous types de sols, topographie, climat, ….. ca n entre pas dans le principe du ne pas retourner le sol, et puis c est beaucoup d energie. Si on veut copier la foret, on fait un equilibre chaotique de generacion active par la culture de legumineuses ou mychorizes ou engrais verts, et passive par une couverture diversifie qui va se decomposant tranquilement en protegeant le sol.

    A l ecoute des prochains avis !

    Merci ! C est interessant !

    1. ATTENTION, à consommer avec modération car ce commentaire déborde de bon sens paysan. Merci et bonne soirée

  25. Il reste possible que les matières enfouies auraient besoin d’air pour leur décomposition (comme dans un processus forestier classique). Or, ici, elles demeurent en anaérobie (donc privées d’oxygène).
    Cette pratique de culture sur but produirait selon certains des toxines mauvaises et pour le sol et pour notre consommation.
    Quelqu’un aurait entendu parler de ça?

    1. Bonjour Pibi,

      Le manque d’oxygène dans le processus de décomposition de la MO n’a aucun impact toxique sur la consommation des légumes.

      Quant à ses effets sur l’activité biologique du sol, ils sont décrits par Gilles Domenech.

      Cordialement,

  26. Merci de m’apprendre que ma paresse a eu du bon ! A ne pas avoir recouvert le bois et les branchages qu’avec du fumier et du compost éparse. La laissant ainsi pendant un an avant d’y mettre des patates dans les trous j’ai eu une récolte correcte même si retardée par une exposition solaire minimale (plein nord, sous l’ombre d’un pommier. Si j’ai bien compris, ça a fonctionnée parce qu’il y a une super aération dans cette butte trouée comme un gruyère.
    Merci pour les infos 🙂

  27. Bonjour,

    Je ne suis pas du tout pro-buttes car en effet si on peut s’éviter ce travail c’est mieux. Mais je pense qu’elle peut se justifier dans certains cas : si on a de la terre à réutiliser (par exemple parce qu’on a creusé une mare) ; autre exemple : si on manque de sol. Chez moi, je voulais designer une zone cultivable près de la cuisine mais j’ai très peu de terre arable et la roche est très près. J’étais obligée d’apporter de la terre, je n’ai pas fait vraiment de butte d’ailleurs. Bien sûr, en sol profond, rien ne sert de faire une butte.

    Je m’étais posé la question quant à l’enfouissement de la MO car j’avais bien appris avec les Bourguignon qu’il ne fallait pas le faire. On m’avait répondu qu’il y a suffisamment d’aération dans une butte. Je vois que ce n’est pas toujours le cas.

    Pareil, pour le BRF, je suis contente d’avoir un peu plus d’informations car j’avais en effet entendu Lydia Bourguignon dire qu’il ne fallait pas réitérer chaque année mais je ne connaissais pas la raison. Donc lorsqu’on fait un paillage avec un espèce de broyat contenant un mélange de feuilles, de branches, qui n’est pas strictement un BRF (rameaux pleins de sèves etc.), est-ce encore une erreur pour le sol ? Ce qu’il se passe c’est que lorsque l’on est sur un terrain où l’on dispose de matière organique à foison, on souhaite la réutiliser dans son système plutôt que de se fournir avec autre chose pour pailler ses cultures.

    Merci en tous cas pour cet article.

    1. Bonjour Camille,

      Dans mon dernier livre, j’explique que le sol fonctionne de la même manière que l’intérieur d’un intestin. Alors attention à l’indigestion à cause d’un excès de matière organique.

    2. Bonjour Camomille,

      Tout le plaisir est pour moi de vous apprendre que la paresse est régénératrice !

      Très sérieusement, ma méthode s’appuie sur le moindre effort dont je suis un farouche partisan. Et ce sont les Anciens qui me l’ont enseigné, parce que moins on en fait mieux on se porte. En savoir plus

  28. Bonjour, j’ai enterré du bois en profondeur et planté des arbres fruitiers 30 cm au dessus, dans une optique de créer une forêt gourmande. Dois-je craindre quelque chose pour mes arbres ?

    merci de vos réponses

    1. Bonjour,

      La seule chose à craindre, c’est de ne pas bénéficier de tous les apports de cette matière organique. Rien de plus. Belle journée

  29. Il y a naturellement du bois mort dans le sol quand un arbre meurt et qu’il tombe, il reste la souche et les racines pour des dizaines d’années.

    Mettre du bois dans la terre peux créer un habitat pour les insectes ou d’autres animaux.

    Il peux aussi être crée un microclimat grâce a la décomposition, et aider a la pousse des plantes ou arbres.

    Il ne faut pas tasser le bois, il faut qu’il y ait beaucoup d’air pour permettre une bonne ventilation, et éviter une décomposition en anaérobie.

    Ne jamais enterrer du bois dans une terre argileuse, mais le déposer sur le sol et le recouvrir avec la terre des cotés, il faut une pente très forte pour qu’il n’y ait pas de compaction du sol et donc une mauvaise aération/décomposition.

    En sol sableux il faut au contraire une butte très plate, et on peux enterrer le bois car il n’y a pas de risque d’une mauvaise décomposition.

    Après la vie n’est pas qu’une histoire de but(te)!

    1. Bonjour,

      Vous apportez la preuve irréfutable que le bon sens ne nuit pas. Bonne continuation

  30. Ok mais alors comment faire quand on a pas votre science et que l’on veut faire tout simplement son potager dans le respect de l’écosystème bien sûr ? Je veux bien les critiques mais qu’elles soient constructives… Merci

    1. Bonsoir,

      Dans cet article, vous avez les témoignages des meilleurs spécialistes des sols. On ne peut pas faire plus constructif.

      Pour respecter l’écosystème, respecter votre terre en la cultivant suivant les principes des sols vivants. Cordialement

  31. Effectivement on n’enterre pas le bois pour faciliter sa décomposition, mais j’avais compris que les buches ou les troncs dans les buttes servaient principalement à stocker et restituer l’eau, pour faire des cultures annuelles sans aucun besoin d’arrosage. Sa longue décomposition en matière organique n’est qu’un bonus.

    J’avais également compris qu’il valait mieux mettre vraiment beaucoup de bois, jusqu’à 75% du volume de la butte. Dans ce cas le bois n’est jamais à 40 cm de profondeur.

    1. Bonsoir,

      Le meilleur moyen pour que le sol retienne l’eau est de déposer la matière organique à la surface, et ensuite les vers de terre et tous les organismes vivants feront le nécessaire. Cordialement

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