PESTICIDES et SOL VIVANT, une histoire de Roundup !

Comment ne pas réagir à l’article du rédacteur en chef du magazine TCS n°82, qui lui-même réagit au classement du Glyphosate (Roundunp) comme une substance probablement cancérigène ?

En substance, Frédéric Thomas soutient que la fertilité des sols vivants repose aujourd’hui sur le Glyphosate. Et effectivement, il a raison puisque les techniques culturales de l’agriculture biologique ne reposent aujourd’hui, ni sur les principes du sol vivant ni sur une aggradation de sa fertilité.

En bref, le non labour permet de préserver et d’accroître la fertilité via les couverts végétaux. Mais le contrôle de ces couverts est possible grâce à cette molécule chimique. Les herbicides étant interdits en agriculture biologique, le seul moyen de les contrôler est donc de les retourner. Or le labourage bouscule la vie dans le sol… base de la fertilité !

C’est le serpent qui se mort la queue

Mais si la molécule chimique à la base du maintien de la fertilité de nos champs est cancérigène, cela soulève aussi une question : si le sens d’une agriculture pérenne est de répondre aux besoins du présent sans compromettre celui des générations futures, n’est-il pas fâcheux de mettre en péril leur développement en leur léguant un poison probablement mortel ?

Probable = possible, plausible, vraisemblable. Selon toute probabilité, cette molécule est cancérigène mais on ne peut pas le dire, enfin pas tout de suite… F. Thomas l’écrit avec d’autres mots :

Le CIRC affirme que l’examen de l’ensemble de la littérature scientifique ne permet pas de conclure avec une totale certitude à la cancérogénicité du glyphosate mais permet d’identifier des risques.

La messe est dite !

La messe est dite et l’affaire pliée sur l’avenir de cette molécule présente déjà dans toutes les eaux de la planète, dans la nourriture et dans beaucoup de corps humains selon une étude des Amis de la Terre.

Quant à l’avenir de nos enfants, F. Thomas n’y va pas avec le dos de la cuillère : “ … Toute forme d’agriculture exerce des pressions négatives sur l’environnement.” Même si son article justifie qu’il est impossible de faire une omelette sans casser des œufs, peut-on mettre dans le même panier l’agriculture qui n’utilise pas de pesticides et d’engrais chimiques avec celle qui en utilise sans retenue ?

Le sol vivant n’est qu’un idéal

Son article fait sens car il met en exergue que nous n’atteindrons jamais l’idéal ; l’idéal étant un sol vivant sans travail du sol, sans pesticide, et sans pétrole : mais aujourd’hui tout le monde ignore les savoir-faire pour l’atteindre !

Parce que si avant 80 % de la population travaillait à la production de la nourriture, aujourd’hui l’ensemble de la nourriture est produite par 1 % de la population en France. Et ce petit miracle a été possible grâce aux énergies fossiles et aux molécules chimiques, et à une politique agricole qui a éliminé l’agriculture vivrière et paysanne des territoires.

Ceci pour dire finalement que nous sommes tous responsables et dépendants de cette orientation politique qui ne prend en compte ni les peuples ni les générations futures.


Un peu d’histoire

Si leur emploi est aujourd’hui systématique, au départ, le sens du pesticide était d’être un médicament à usage ponctuel pour guérir les plantes malades. Mais les pesticides ont été intégrés dans les techniques culturales de la même manière que l’antibiotique a été intégré comme complément alimentaire dans l’élevage de certains animaux. Et là réside le problème de fond ou l’épine dans le pied.

Et le Glyphosate dans cette histoire

Après la naissance du Roundup, les lycées agricoles ont été ciblés pour en faire la promotion. Ce sont les professeurs d’agronomie et de phytopharmacie qui ont été chargés d’en faire la propagande en disant que sa molécule se neutralisait au niveau du sol et que son impact sur l’environnement était quasi insignifiant ! On en boirait !

Comme F. Thomas, je l’ai cru. J’ai cru que c’était un moindre mal et pendant une dizaine d’années, je l’ai même utilisé et conseillé 🙁 Voilà le résultat sur des cerveaux immatures conditionnés dans des écoles d’agriculture !

J’entends encore mon professeur de phytopharmacie l’incruster dans notre mémoire avec conviction. Savait-il puisque les effets secondaires des pesticides étaient déjà bien connus. Des effets dits « secondaires » dénoncés dès 1980 par Francis Chaboussou, un ancien directeur de recherche de l’INRA de Bordeaux, dans un livre intitulé : Les plantes malades des pesticides.

En 1994, Le courrier de l’environnement de l’INRA confirme

Aujourd’hui, les laboratoires sont en train de mettre au point de nouveaux produits, organismes, substances et techniques variés qui demain poseront d’énormes problèmes écologiques, sanitaires, sociaux et économiques dans nos campagnes, nos familles et nos assiettes…

Des épandages massifs

L’intégration des pesticides dans les techniques culturales font que de grandes quantités de pesticides sont tous les ans déversées dans la nature. Mais la Recherche a aussi démontré que toutes ces molécules de synthèse interagissent entre elles pour produire d’autres principes actifs dont nous ignorons totalement les effets…

De plus, la dangerosité d’une molécule était jusqu’alors calculée sur l’adage de Paracelse : Cest la dose qui fait le poison. Mais là encore, la dose létale a été remise en question avec la dose réponse non-monotone.

En conclusion
qui est responsable ?

La Loi qui autorise l’épandage des pesticides.

Peut-on alors attribuer la responsabilité de ces épandages à ceux qui écrivent les lois ; en l’espèce le personnel politique élu par les citoyens pour les représenter et qui ont la charge de garantir la sécurité et les besoins des populations et des générations futures ? Ben oui, sans l’ombre d’un doute.

Le 20 mars 2015, le Glyphosate a été classé cancérogène « probable », mais la préservation des sols s’appuie aussi aujourd’hui sur cette molécule. Une histoire de fou ! Le 22 septembre 2015, une nouvelle étude validée par la communauté scientifique met en évidence la toxicité du Glyphosate.

 

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