La mort annoncée du SOL VIVANT !

Dans son n° 404, Ça m’intéresse a publié un article sur le Sol-vivant, parce que le sol vivant est vendeur. En quelques années, ce concept est devenu le porte-drapeau d’une agriculture plus innovante et respectueuse de l’environnement. Mais le sol est-il vivant ?

Non, enfin le sol n’est pas plus vivant qu’un océan ou l’atmosphère et cette image s’est développée en réaction au syndrome de la table rase. Mais aujourd’hui, elle produit de la confusion comme le non-labour ; deux concepts qui se nourrissent des absurdités d’un passé récent.

Une voiture est-elle vivante quand elle est pleine d’occupants vivants ? Non. Pour les sols, c’est pareil ; le sol n’est qu’un contenant. Un autre exemple : à force de simplifier l’information et de la raccourcir, on dit que les légumineuses ( fabaceae ) captent l’azote de l’air ; et maintenant beaucoup le croient…

labour

Dans l’émission de Denis Cheissous, CO2 mon amour du 11 oct. 2014, l’intervenant répète à deux reprises que le premier problème, ce ne sont pas les pesticides, mais les labours profonds !

Pourquoi hiérarchiser les problèmes et
minimiser l’impact des pesticides ?

Les labours profonds sont effectivement un gros problème comme les pesticides, mais ni plus, ni moins ou à moins que les lobbys aient déjà repris à leur compte les concepts associés du Sol-vivant et du Non-labour ; à moins que les lobbys soient déjà à l’œuvre !

Lobby : c’est un groupe de pression qui comme son nom l’indique, met la pression. Le seul moyen pour contenir une pression est de lui opposer une autre pression, une force contraire pour la contenir. Cette force contraire est par exemple quasi inexistante dans le développement exponentiel de la bio-croissance, le nouvel antre des lobbys.

Au mois de septembre dernier, j’étais présent à la journée nationale du Non-labour et du semis direct dans l’Indre. Outre d’y avoir rencontré des agriculteurs consciencieux, comme pour un concours de labours, c’était un immense déballage de matériel, de gros tracteurs et de vendeurs d’intrants. «  Le changement, c’est pas pour demain ».

Pesticides : ce n’est pas la dose qui fait le poison.

Foire du livre de Brive 2014 : aux sources de l’agriculture

Labour : le problème n’est pas le labour, bien au contraire, mais sa profondeur. D’ailleurs, le labour reste l’opération mécanique la moins onéreuse sur le plan énergétique et la plus écologique, si on ne laboure que la couche superficielle de la terre, les 12 premiers cm du sol. Reste un problème matériel, les charrues ne sont pas adaptées parce qu’elles sont conçues uniquement pour un labourage des profondeurs.

Les anciens labouraient 3 fois par an les jachères pour conserver un avantage sur les spontanées. En non-labour, on a remplacé la charrue par d’autres outils qui demandent énormément de puissance ( énergivores ).

En conclusion, le facteur n° 1 de la dégradation des sols est :
les pesticides, le labour profond et les engrais chimiques. 

Sol-4

Couvert par le contexte politique, la reprise en main des concepts du sol-vivant et du non-labour par les lobbys crée une situation favorable pour une nouvelle prime à l’agriculture productiviste ; le modèle et les intérêts financiers étant sauvés par une petite pincée de développement dit durable.

Toutefois, il est nécessaire de relativiser pour les néophytes. En effet, autant il est très facile de cultiver son jardin sans travail mécanique du sol, sans engrais, sans pesticide, sans bio-contrôle et sans poudre de perlimpinpin, autant produire des céréales en grandes quantités de la même manière et sans consommation d’énergies fossiles, est une autre paire de manche. À ce jour, personne n’a trouvé La solution et pour ceux qui en doutent, essayez seulement de cultiver à la main et en semis direct les céréales que vous consommez.

Article associé : La clé de sol du productivisme

4 réflexions sur “La mort annoncée du SOL VIVANT !

  1. Bonjour,

    Ne surtout pas dire que le sol est un contenant non vivant, il suffit de voir les vidéos sur la microbiologie des sols de me et mme BOURGUIGNON.

    cdt.

    1. Bonjour Karli,

      Merci pour votre retour.

      Si vous mettez un ver de terre dans un bouteille, la bouteille devient-elle vivante ?
      Oui !
      Ah, je ne savais pas… Belle journée.

      (Le sol n’est que l’épiderme de la Terre vivante)

    1. Bonjour Moilamain,

      Effectivement, même si le semis direct est à vue de nez moins énergivore, une information a prendre avec des pincettes…
      Car elle émane d’une organisation financée par MONSANTO :
      – Premier promoteur de l’agriculture productiviste
      – Responsable d’un carnage social et écologique avec ses OGM
      – Leader de la privatisation du vivant
      – Producteur du fameux ROUNDUP qui pollue durablement aujourd’hui toutes les eaux potables de la planète…

      Voir le film de Robin : le Monde selon MONSANTO https://youtu.be/cVngG592xKU

      http://www.amisdelaterre.org/Glyphosate-probablement.html
      http://www.amisdelaterre.org/Nouvel-article,1878.html
      http://www.bastamag.net/Sortir-des-pesticides-Paul

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