CULTURE SUR BUTTES

Dernière mise à jour le 8 août 15.

En dehors de son indéniable esthétique dans le paysage et outre que la terre est moins basse, son revers n’est pas moins important en créant du stress aux plantes, parce que la culture sur buttes fertiles crée une inconstance du milieu qui se caractérise par le fameux stress hydrique.

Pour une plante comme pour un être humain, le manque d’eau est la pire des choses car il contraint son développement et affaiblit son système immunitaire. Pour le combattre, la hauteur de la butte dépend donc du niveau de l’eau. Et c’est d’ailleurs sur cette base que les amérindiens la calculaient eux-aussi.

Triangle

Une butte sèche est une butte non paillée et non irriguée, basée sur la forme ovoïde. C’est la plus facile à mettre œuvre, celle de l’œuf couché sur le coté et dont la hauteur du sommet de la butte peut s’évaluer à partir du théorème de Pythagore : si le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés du triangle, le triangle est rectangle.

Bref, même s’il est trop souvent négligé, le niveau de l’eau conditionne la hauteur de la butte et justifie son édification. Exemple ci-dessous avec cette culture de pommes de terre sur buttes en zone humide au Pérou. Alt. 4000 m. Hauteur des buttes : 50 à 60 cm

buttes_perou_pomme_de_terreImages extraites d’un documentaire diffusé sur France5
Peuples bergers : le Pérou

buttes_perou_pomme_de_terre_1Suite

23 réflexions sur “CULTURE SUR BUTTES

  1. oui, bonjour

    j’ai lu cela dans un commentaire à un de vos articles, pas sûr, et il me semble que c’était basé sur le fait qu’une butte aspire l’eau avoisinante…
    Une question sur le goutte à goutte évoqué dans l’article, ne peut-on envisager de longues durées à intervalles très espacés ?

    1. Bonjour,

      Non, une butte n’aspire pas l’eau avoisinante… Par contre dans un milieu hydromorphe, l’eau remonte par capillarité, mais ce sont des conditions particulières.

  2. j’ai donc juste !
    Par contre, j’ai de bons résultats dans la dernière édifiée mais j’ai très mal géré, dans les anciennes buttes, la sécheresse d’été du Gard malgré un arrosage que je n’ose dire “micro” vu les quantités consommées…il s’agit du Tuyau Micro Suintant.
    Ais-je intérêt à arroser par le bas, dans la paille de l’inter-buttes, comme je l’ai lu récemment, plutôt que par le haut comme actuellement ?

    1. Vous êtes précisément dans un des cas de figure où la butte trouve sa justification

  3. Salut Christophe. Bon j arrive apres la fete , l article date un peu mais je suis loin, en Colombie .. Une precision pour ton exemple des buttes au Perou. je vis aussi dans cette cordillere des Andes, mais plus bas a 2500m d altitude. Ces buttes la , sont juste de la terre formee en butte , pas de bois en decomposition incorpore. Ce qui n aurait aucun sens de fertilite , la terre noire est deja tres carbonee. Alors pourquoi faire des buttes dans le cas des hautes terres andines (paramo )? Pour le drainage en fait , les terrains sont en pente donc deja draine . MAIS , un autre facteur intervient a ces altitudes, le gel des nuits froides. Et l eau gele plus vite que la terre. Faire une butte draine l eau vers les sillons/allees de non culture , et permet de cultiver en evitant le gel nocturne des legumes sur la partie haute. Ce gel est autour de zero celsius , jusqu a moins 5 degres, mais juste la nuit , le jour c est soleil qui rechauffe . voila , ce que je peux en dire et le pourquoi de ce coin la. J ai la meme terre, drainante et legere.
    Amities et eternelles felicitations pour la qualite de ce blog .

    1. Merci Émilio pour ton retour,

      Effectivement, chez toi comme ici, les buttes étaient avant édifiées sans bois parce que le bois était avant l’arrivée du pétrole, de l’électricité et de l’énergie nucléaire, une denrée rare et précieuse…

      Belle journée.

    2. Je me demande comment font les gens qui font des buttes de bois enterres en permaculture… ¿ J ai un potager , pas si grand , environ 200m2. Si je faisais des buttes de ce genre , malgre mes bosquets d une bonne partie d un hectare de terrain . Plus de bois de chauffe ,pour juste les soirees fraiches de novembre et decembre, du bois morts , recuperes depuis des annees ou tombes avec les tempetes. Et il m en manquerait beaucoup , encore pour faire des buttes sur cette surface . Alors ou prendre ce bois ¿ si c est du vert , pas terrible en butte , et si c est pour couper des arbres en sante , pour faire son petit jardín bien permaculte… euh ¿ La permaculture , c est un tout , pas l un au detriment de l autre , dans ses philosophies . J aurais l stomac plein , mais a tendance vomitif de savoir que j ai reduit ma diversite , et mes oiseaux libres .. qui ont le droit etc…
      Anciennement , dans l Amerique d avant les nouveaux colons , et meme encore maintenant la ou il y a isolement , c etait la leña , le bois de chauffage qui servait a la cuisson des aliments . Et , les gens de l epoque , avaient eu le temps de savoir ce qu il fallait pour faire du durable .. 1500 ans de colonisation. Si tu veux du durable , ben tu fais attention a ce que tu fais . Et meme les morceaux a moitie brules, pas question qu il finissent dans une butte (en voila une drole d idee ¿). Mais dans une fosse (aujourd hui , commune, mouais… ) de familles . Avec les dechets organiques , et des morceaux de poterie .. ( a cause des scenes de menages ou bien des lancer de javelots en cibles lol). Et , il faisait ce qui est appele aujourd hui au Bresil , la terra preta . UN PEU mieux qu une butte australienne .

      Le bois precieux , c est ce qui manque , a mon avis , dans ce systeme de butte de permaculture avec bois enfoui . S il s agit d aller prendre chez les voisins , ok …jusqu au jour ou ces voisins pourront aller , eux aussi , vers d autres voisins . IL y a un cote elitiste , sans le vouloir surement , dans ce systeme butte.
      Mai sbon , c est pas pire et chacun fait selon .. pas un desastre ecologique non plus .. juste des remarques , qui vont dans le sens de Christophe , pas une deklaration de guerre entre nous. Dans mon cas , c est juste que , de toutes façons , pas possible , par manque de ressources bois morts ou tombes.

  4. bonjour, j’ai fait cette année pousser du maïs sur une butte remplie de bois spongieux. Je n’ai pas arrosé le maïs de tout l’été est le résultat est plutot satisfaisant. Je vais faire l’experience l’année prochaine sur une bande au niveau du sol pour comparer. Faut il reperdre de l’energie et du temps à déconstruire les buttes? Merci pour vos lumière.

    1. Bonjour Guillaume,

      Non,ne déconstruisez pas vos buttes, laissez faire le temps et l’érosion.

      Par contre, n’hésitez pas à nous faire part de votre retour d’expérience l’année prochaine.

  5. Bonjour Christophe
    merci pour cet article intéressant
    “Les buttes hautes prennent un véritable sens agrologique uniquement en milieu humide ou en milieu sec.”
    je suis en milieu sec, très sec même, nous n’avons pas eu de pluie depuis presque un an, le sol est argileux sur très peu d’épaisseur et dessous la roche mère schisteuse. Je cultive dessous des orangers.

    Dans ce contexte, en quoi une butte pourrait elle être intéressante? je pensais au contraire qu’elle serait d’autant plus drainante par rapport à la culture à plat?

    1. Bonjour Murielle,

      Effectivement, l’idée peut paraître saugrenue !

      Mais il y a butte et butte. Et une planche sur-élevée avec l’eau qui circule entre les planches pour remonter par capillarité, est une technique terriblement efficace.

    2. dans un contexte sec essayez l’inverse “sunken beds” …la butte ne peut etre en aucun cas une reponse automatique, chose que bcp de gens ont du mal à percevoir, à cause bien surement de l’effet de mode !

    3. Les planches surelevees , c est ce que faisaient nos grand-peres , en tout cas les miens , et leurs potagers ont nourrit des generations. Autre avantage , le desherbage est facilite , et les limaces plus faciles a controler etc… Par contre , pas beaucoup utilisaient les paillis. Ils ne sont pas tous bons (paillis a limaces) mais un gros avantages, et la pas de polemiques sur le paillis ou mulch… en ce qui concerne ceux qui font de ce qui est appelle , aujourd hui , la permaculture.

  6. je ne cultive pas sur buttes mais je crée une petite butte avec des paillis (feuilles sèches alternées avec des tontes ou broyat ) que je fais tout au long de la saison …juste pour l’apport d’humus et de fraîcheur …et j’ai un bon résultat. les vers de terre ne sont pas dépaysés et font leur travail également …sur buttes élevées je me demande s’ils y restent en période de fortes chaleurs …( et ce n’est pas négligeable non plus)

  7. Bonjour,
    Je suis d’accord avec Launay, vous semblez quand même “radical” sur ce sujet, je trouve cela bizarre à première vue.
    L’étude de L’INRA sur le stress hydrique parle de 10 à 15% de performance, c’est relativement léger et ceci dans les deux sens : excès d’eau et sécheresse.
    Que pensez-vous qu’il se passe quand il pleut pendant deux à trois semaines sur un terrain plat sans buttes ?

    1. Bonjour,

      J’approuve votre commentaire car il est intéressant.

      Les buttes hautes prennent un véritable sens agrologique uniquement en milieu humide ou en milieu sec.

      Et pour répondre à votre question : “Que se passe-t-il s’il pleut pendant 3 semaines sur un terrain sans butte ?”

      Rien de particulier si vous cultivez selon les principes du sol vivant.

      ——-

      30 ans que je cultive sans aucune butte, sinon sur des planches basses, mais effectivement je suis ni dans une région sèche ni dans une région humide.

      Promouvoir les buttes en Normandie est assez logique les promouvoir en Charente Maritime ou en Limousin est idiot sauf dans les bas-fond.

      Savez-vous que les marais de Saintonge sont exploités suivant le principe des buttes depuis la fin du 19ième siècle ?

      Bonne journée

      En complément sur le stress hydrique : http://www.lejardinvivant.fr/2015/05/21/arroser-son-jardin-potager/

  8. Bonjour,
    Je ne comprends pas bien cet article. Le chapô indique que “la culture sur buttes crée une inconstance du milieu” (je suis gêné par le manque de nuance, l’absence d’adjectif comme “passagère” par exemple) “qui se caractérise par le fameux stress hydrique” (à nouveau je suis gêné par l’absence de nuance qu’aurait pu souligné le conditionnel présent :”qui se caractériserait par…”).
    Je ne comprends pas non de quoi vous parlez quand vous dites “le niveau de l’eau”. Parlez-vous de l’eau dans la butte, autour de la butte, des précipitation annuelles ? Tenez vous compte de ce que contient la butte (bois pourri, humus de forêt) ? Bref, le titre et le chapô donnent l’impression que le défaut de la culture sur buttes est la mauvaise gestion de l’eau occasionnée. Hors, suivant les exemples de Sepp Holzer et de Philipp Forrer, j’apprécie vraiment les buttes fertiles de mon jardin qui ne nécessitent pas d’arrosages.
    Pourriez-vous clarifier vos propos ?
    Cordialement

    1. Bonjour Launay,

      Absolument, la culture sur butte favorise le stress hydrique sauf quand l’eau est au niveau du sol et peut ainsi remonter par capillarité pour maintenir une constance du milieu.

      Essayez une année de faire un test en cultivant les mêmes variétés sur une butte et au pied de la butte sur une bande de culture au niveau du sol.

      Et comparez les rendements.

      Bien à vous.

  9. Cet argument hydrique tient dans le cas d’une culture de plein champ sans irrigation. Effectivement, surélever de la terre limite les remontées capillaires.

    Mais pour un potager arrosé généreusement à l’arrosoir, ou un hectare de maraîchage irriguée au goutte-à-goutte, la question du stress hydrique ne se pose plus…

    Moilamain
    Formateur en permaculture à http://ecocentre.org

    1. Pour un partisan du moindre effort, arroser généreusement son jardin à l’arrosoir prend au minimum 4 heures par jour, ce qui fait 8 heures de travail en plus par semaine, simplement pour compenser une technique inappropriée.

      Quant au goutte à goutte, outre l’investissement, il crée surtout un terrain favorable au développement de champignons pathogènes… Bref, pourquoi faire compliqué quand on peut faire autrement…

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