C’est la dose qui fait le poison (2)

Si pour une bonne raison qui est la vôtre, vous épandez un pesticide dans votre jardin, le premier problème n’est pas le pesticide en lui-même, mais la réaction en chaîne qu’il va provoquer. C’est l’effet Kiss cool. Et cet effet ou effet retard, n’est pas cool pour la biodiversité.

En effet, pendant le processus d’homologation, la toxicité d’une préparation commerciale est mesurée sur le rat : c’est la dose létale, la dose qui fait le poison, la dose qui le fait mourrir. Par contre, que neni des effets retards sur les mésanges et les hirondelles qui se nourrissent des insectes empoisonnés par les insecticides, des vers de terre qui fabriquent la fertilité…

Bref, rien sur l’impact des pesticides sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. Et quasi rien sur la rémanence de leurs molécules dans les sols et les eaux de ruissellement. Enfin si, puisque  l’UFC-Que Choisir a lancé une alerte au mois d’octobre 2017 sur l’effondrement des ressources aquatiques de nos rivières à cause des pesticides et des nitrates

Tristes tropiques de voir les intérêts agricoles primer sur l’environnement. 🙁

Jamais mesurée également, la dose réponse non-monotone comme les interactions entre les préparations commerciales et les autres molécules de synthèses « naturellement » présentes dans le milieu. C’est l’effet Kiss-cool du cocktail Molotov.
  • Vous me direz : On ne peut pas tout prévoir.
  • C’est vrai, mais sommes-nous assez prévoyants ?

Les effets, dits secondaires pour les minimiser, ont été dénoncés dès 1980 dans un livre écrit par un ancien directeur de recherche de l’INRA de Bordeaux, Francis Chaboussou : Les plantes malades des pesticides. Il y relate les nombreuses études, car contrairement à une idée reçue, le sujet préoccupait depuis longtemps certains chercheurs avisés et les preuves ne cessaient de s’accumuler depuis les années 60… 🙁

Le courrier de l’environnement de l’INRA

Aujourd’hui (1994), les laboratoires sont en train de mettre au point de nouveaux produits, organismes, substances et techniques variés qui demain poseront d’énormes problèmes écologiques, sanitaires, sociaux et économiques dans nos campagnes, nos familles et nos assiettes.

Et aujourd’hui, les preuves continuent de s’accumuler. Alors, il ne serait pas indécent de demander quelques comptes à la recherche agronomique, en l’espèce l’INRA.

Pourquoi la lutte contre les pesticides est un combat perdu d’avance ?

4 réflexions sur “C’est la dose qui fait le poison (2)

  1. Lorsqu’on voit le type sur la photo comment il est accoutré, on imagine les effets sur la biosphère et les organismes humains. Ce n’est pas fixer des dates de retrait de pesticides qu’il faut, mais une interdiction définitive et absolue. Des alternatives, il y en a, c’est simplement un question de volonté politique et de prise de conscience. Mais cela implique un changement complet de paradigme éonomique et agricole. Pour ma part, je suis convaincu que celui-ci à commencer, mais qu’il ne sera effectif que lorsque le système actuel se sera effondré. A ce sujet, la modification du climat et ses conséquences vont accélérer le processus. Le monde dans 100 ans ne sera plus du tout celui que nous connaissons aujourd’hui.

  2. Oui c’est la dose qui fait le poison. Toute substance est néfaste à partir d’une certaine dose. Certaines substances ont d’excellentes propriétés médicinales et pourtant sont très toxiques au dessus d’une certaine dose.
    L’effet cocktail décrit la toxicité supérieure de plusieurs substances sur leur toxicités additionnées séparément. Comme mélanger les antibiotiques et l’alcool augmente les effets de l’alcool par exemple!

    Le scandaleux taux de mortalité des abeilles est vraisemblablement dû à un effet cocktail de pesticides. On continue pourtant de délivrer des autorisations a l’industrie chimique pétrolière de synthèse sans véritable contrôle de ces effets.

    Pendant longtemps, cet effet n’a fait l’objet que de très peu d’attention de la part des scientifiques et des industriels. Aujourd’hui, certaines études commencent timidement à mettre en évidence ces effets en pharmacologie et en agriculture conventionnelle. Le phénomène est donc réel.

    Malgré cela, il me semble impossible de tester toutes les combinaisons possibles et imaginables de cocktails sur tous les paramètres nécessaires (toxicité, fertilité, cancérologie,… et aussi effet sur l’eau, le sol, la terre, l’atmosphère, la géologie, la faune et la flore…), donc je ne vois comme solution que l’arrêt de l’utilisation intensive de produits chimiques de synthèse. Non, jamais la chimie et la bactériologie ne dépollueront et ne redonneront à la terre sa fertilité perdue.

    Les produits chimiques de synthèse ont envahi la planète. Je crois que seule la résilience naturelle combinée a l’agriculture peu interventionniste et fertilisante peut décontaminer nos sols, notre planète, notre nourriture et nos vies.

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